Fonctionnaires: une facture qui atteint 211 millions $

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Des 19200 postes que le gouvernement Harper avait prévu abolir dans la fonction publique fédérale lors du budget 2012, 16400 ont été supprimés à ce jour.

SIMON SÉGUIN-BERTRAND, LeDroit

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Le gouvernement fédéral a versé 211 millions de dollars l'an dernier pour indemniser les fonctionnaires mis à pied dans la foulée des compressions annoncées par le gouvernement Harper, révèlent des documents obtenus par La Presse. Des chiffres qui indiquent que Statistique Canada, Parcs Canada et Santé Canada sont les ministères les plus touchés par les coupes.

Ottawa et les syndicats ont négocié il y a plusieurs années une « Directive sur le réaménagement des effectifs », qui prévoit que les employés fédéraux dont le poste est aboli pourront toucher des sommes pour le « soutien à la transition » s'ils n'arrivent pas à trouver un emploi dans un autre ministère.

Ces sommes comprennent un montant forfaitaire qui varie selon l'ancienneté, et jusqu'à 11 000 $ pour épauler ceux qui retournent aux études.

Selon un document obtenu par La Presse, les sommes versées en vertu de cette politique ont explosé, l'an dernier, passant de 7,8 à 211,4 millions.

À ce montant doivent s'ajouter les indemnités de départs versées aux fonctionnaires qui perdent leur emploi. Le Conseil du Trésor, qui est responsable de la restructuration de l'appareil fédéral, n'a pas été en mesure de fournir ce chiffre à La Presse.

Dans son budget 2012, le gouvernement Harper a annoncé qu'il sabrera 19 200 postes en trois ans dans la fonction publique. La mesure doit se traduire par une économie de 5,2 milliards.

À la fin de l'an dernier, 16 390 postes avaient effectivement été éliminés, a-t-on indiqué hier au bureau du président du Conseil du Trésor, Tony Clement. Dans la majorité des cas, les travailleurs qui partaient à la retraite n'étaient pas remplacés.

« Tel que promis, nous avons réduit la taille de la fonction publique, tout en réduisant l'impact sur les employés en procédant par attrition, mettant fin à des contrats à terme et le placement à d'autres postes aux employés admissibles, a indiqué le porte-parole du ministre, Matthew Conway. Un gouvernement plus léger et plus abordable est bon pour les contribuables. »

Coupes en science

Le document donne également un indice de l'ampleur des coupes dans les différents ministères fédéraux. On constate en outre que Statistique Canada et Parcs Canada sont les deux plus touchés et, surprise, Santé Canada arrive en troisième place.

Le président de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, Gary Corbett, note que des ministères à forte vocation scientifique sont particulièrement touchés par les compressions. Il cite les ministères de la Santé et de l'Agriculture, où plusieurs scientifiques ont été mis à pied.

« Ce gouvernement carbure à l'idéologie et l'idéologie n'a pas besoin de la science, dénonce-t-il. Pourquoi garder des scientifiques si l'on n'a pas besoin de science ? »

La députée néo-démocrate Nycole Turmel estime que les mises à pied dans la fonction publique vont nuire aux services à la population et, à terme, miner l'expertise du gouvernement fédéral.

Avec la collaboration de William Leclerc

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