Chercheurs transférés: une décision regrettable, juge Pelletier

L'ancien ministre libéral Benoît Pelletier juge regrettable la... (Étienne Ranger, LeDroit)

Agrandir

L'ancien ministre libéral Benoît Pelletier juge regrettable la décision du gouvernement fédéral de transférer les chercheurs du Conseil national de recherche du Canada (CNRC) de Gatineau vers Ottawa au début 2013.

Étienne Ranger, LeDroit

Partager

Paul Gaboury
Le Droit

L'ancien ministre libéral Benoît Pelletier juge regrettable la décision du gouvernement fédéral de transférer les chercheurs du Conseil national de recherche du Canada (CNRC) de Gatineau vers Ottawa au début 2013. Il souhaite maintenant que des interventions politiques et citoyennes viennent aider l'Université du Québec en Outaouais (UQO) à la renverser, car elle viendrait accentuer encore davantage le «déséquilibre patent» qui existe entre Gatineau et Ottawa en matière de recherche fédérale.

«Au lieu d'investir pour combler l'écart important au niveau de la recherche fédérale entre l'Outaouais et Ottawa, le gouvernement fédéral a pris une décision regrettable en transférant une douzaine de chercheurs du Conseil national de recherche du Canada. Je comprends la motivation d'économies sous-jacente, mais elle doit tenir compte de l'équité interprovinciale. Je constate à quel point ces départs vont affaiblir la recherche de haut niveau de ces chercheurs reconnus au niveau international» a déploré hier l'ancien député de Chapleau et ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes dans le gouvernement Charest.

En 2004, il affirme que lui et son collègue de Hull, Roch Cholette, avaient cru dans le projet et annoncé une subvention de 5,75 millions $ du gouvernement du Québec pour la construction du Centre de recherche en technologies langagières (CRTL) inauguré en 2006. Eux et le député libéral fédéral de l'époque, Marcel Proulx, y voyaient une belle occasion de développer un projet de recherche fédérale en créant une synergie entre les chercheurs, les professeurs et les entreprises de l'industrie des technologies langagières en Outaouais.

«La décision de transférer les chercheurs est regrettable. On connaît le déséquilibre patent en matière de recherche fédérale entre l'Outaouais et Gatineau. Même si leur présence ne rétablissait pas l'équilibre, elle représentait un minimum de recherche. Et elle permettait d'avoir un espoir. Le départ des chercheurs remet en question la volonté fédérale non seulement de faire de la recherche, mais de l'augmenter» a confié hier le professeur Pelletier, qui enseigne le droit constitutionnel à l'Université d'Ottawa.

Il espère maintenant que les politiciens et les citoyens de l'Outaouais viendront, comme lui, appuyer l'UQO dans ses démarches visant à infléchir cette décision basée sur des motifs d'économies. «Même si leur nombre était très symbolique, c'est la tendance qui m'inquiète. Québec y a cru, a investi, et Ottawa doit en tenir compte», a-t-il conclu.

Réactions du CRTL

Hier, la directrice générale du CRTL, Janet Dewey, a confié en entrevue qu'elle trouvait «dommage» et avait appris «avec regret» le départ des chercheurs vers Ottawa. Le CRTL devra maintenant trouver des solutions pour louer les espaces qui deviendront vacants, mais les entreprises déjà sur place pourraient combler le vide laissé par le CNRC. Les activités du CRTL vont se poursuivre et même s'ils sont transférés à Ottawa, les chercheurs continueront à collaborer avec le Centre, a-t-elle expliqué, tout en admettant que leur présence sur le campus de l'UQO avait créé des conditions idéales pour la synergie avec les professeurs et les entreprises.

L'avenir du CRTL pourrait maintenant reposer sur la décision que prendra le gouvernement fédéral au sujet de la Feuille de route sur la dualité linguistique, qui prend fin en mars 2013. Ottawa avait consacré 10 millions $ entre 2008-2013 au CRTL. Sans cet argent, l'avenir du CRTL pourrait être compromis.

Mercredi, la députée néo-démocrate de Hull-Aylmer, Nycole Turmel, avait elle aussi dénoncé la décision du CNRC et demandé une rencontre avec le ministre fédéral Christian Paradis dans l'espoir de renverser cette décision.

Toutes nos nouvelles sur ledroitsurmonordi.ca

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer