Les préoccupations de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) rejoignent ainsi celles exprimées jusqu'à maintenant par les partis d'opposition, et des dizaines de groupes de défense de l'environnement et de promotion de la justice sociale. De plus, le syndicat de 175000 membres déplore que le projet de loi omnibus C-38 de 450 pages prévoit des dizaines de modifications importantes aux lois, tout en laissant peu de temps pour leur étude ou pour en débattre.
«Nous nous rallions à eux pour demander que le projet de loi C-38 soit scindé en plusieurs éléments afin de pouvoir en débattre séparément. Beaucoup de ces modifications législatives auront des conséquences profondes sur la santé et la sécurité des Canadiens, ainsi que sur l'obligation de rendre compte du gouvernement fédéral. Le Parlement ne devrait donc pas l'adopter sans prendre le temps de l'étudier soigneusement», a indiqué l'AFPC.
L'AFPC s'oppose notamment à la décision de faire passer l'âge d'admissibilité à la Sécurité de la pension de vieillesse de 65 à 67 ans, ainsi qu'aux changements au régime d'assurance-emploi qui obligera les chômeurs à accepter des postes moins rémunérés et éloignés de leur résidence. Il s'oppose également à la suppression de l'obligation pour les entrepreneurs fédéraux de respecter la loi sur l'équité en matière d'emploi, comme l'avait fait la sénatrice libérale Céline Hervieux-Payette plus tôt cette semaine.
Transparence affectée
«À un moment où le gouvernement supprime des milliers d'emplois à la fonction publique fédérale, il faut s'attendre à ce qu'il se tourne de plus en plus vers le privé. Si cette loi est adoptée, il n'y aura plus de mécanisme de reddition de comptes pour assurer que les sous-traitants qui font affaire avec le gouvernement fédéral ont des milieux de travail représentatifs de la population. Ceci risque de porter gravement atteinte aux droits des femmes, des autochtones, et des personnes racialisées ou ayant un handicap», soutient l'AFPC.
L'élimination de l'obligation pour le Conseil du Trésor de produire des rapports sur ses pratiques de gestion des ressources humaines et de dotation en personnel (la classification, la rémunération et le remboursement des frais de voyage des fonctionnaires, ses politiques encadrant l'exercice du pouvoir des sous-ministres et sa gestion des griefs et dénonciations) nuira à l'obligation de rendre compte envers le Parlement et à la transparence envers la population.
Le syndicat dénonce aussi l'abolition de Droits et démocratie, de même que la modification des règles touchant les organisations caritatives et environnementales qui déterminent leur engagement dans des activités politiques.
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