»On fait crever les petits au profit des gros» - La sénatrice Pierrette Ringuette

Alors que le gouvernement fédéral s'apprête à abolir... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Alors que le gouvernement fédéral s'apprête à abolir au moins 19200 postes d'ici trois ans, le dossier des salaires versés aux employés des agences de placement et le recours à de tels services dans la fonction publique fédérale soulèvent de vives préoccupations, selon la sénatrice Pierrette Ringuette.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

Paul Gaboury
Le Droit

Alors que le gouvernement fédéral s'apprête à abolir au moins 19200 postes d'ici trois ans, le dossier des salaires versés aux employés des agences de placement et le recours à de tels services dans la fonction publique fédérale soulèvent de vives préoccupations, selon la sénatrice Pierrette Ringuette.

«J'ai rencontré des employés qui occupent des emplois temporaires depuis 10 ans. J'ai vu des jeunes diplômés en biochimie avec des emplois qui paient le salaire minimum et qui doivent vivre à cinq dans un logement parce qu'ils doivent payer leurs dettes d'études universitaires, dénonce la sénatrice Ringuette.

«Et pendant que le gouvernement souhaite couper 19200 postes d'ici trois ans, les gestionnaires utilisent ces agences pour contourner les processus mis en place dans la fonction publique pour embaucher du personnel. Le pire, c'est que ces gestionnaires vont avoir des bonus pour avoir contourné les directives du Conseil du Trésor en embauchant du personnel temporaire. Que fait le Conseil du Trésor? Rien. Personne ne sait combien d'employés de ces agences travaillent dans les ministères. Est-ce que ces gens-là aussi vont avoir droit eux aussi à des bonus? Je trouve que c'est inacceptable.»

La sénatrice Ringuette a récemment été prise à partie par deux propriétaires d'agence de personnel de la région parce qu'elle avait déclaré que les agences s'en mettaient plein les poches en versant des salaires de misère à des employés travaillant pour le gouvernement fédéral. En entrevue avec LeDroit, Isabelle Copeland de l'agence Harrington d'Ottawa et Barbara Cloutier, de Barbara Personnel de Gatineau, en affaires depuis plus d'une décennie dans ce secteur, avaient dénoncé les propos de la sénatrice Ringuette, affirmant qu'elle ne parlait pas en toute connaissance de cause.

Les deux femmes d'affaires ont dénoncé à leur tour le système établi en 2009. Ce processus oblige désormais les ministères à accorder des contrats, dans le cadre d'offres à commandes, selon la règle du plus bas soumissionnaire, ce qui a poussé les prix vers le bas, près du seuil des salaires minimums prévus par les normes provinciales en Ontario et au Québec. Le système, qui a fait mal à plusieurs PME de l'industrie, ne permet pas de reconnaître comme avant les compétences et l'expérience du personnel recherché, ce que dénoncent les deux femmes d'affaires.

Salaires de misère

En entrevue, la sénatrice Pierrette Ringuette affirme qu'elle sympathise avec les deux propriétaires d'agences, obligées de faire affaire dans un système qui pousse les prix et les salaires versés aux employés vers le plus bas et dans lequel il est de plus en plus difficile de compétitionner.

«Je suis tout à fait d'accord à dénoncer ces abus. Je ne suis pas d'accord avec cette façon de traiter les Canadiens. On est en train de faire crever les petits au profit des gros. Le gouvernement Harper ne travaille que pour permettre aux grandes entreprises et aux banques de faire plus de profits, en payant les Canadiens le moins cher possible pour travailler. Où s'en va-t-on avec tout cela?», a soulevé la sénatrice qui avait déjà déposé une motion en 2010 contre le recours à des agences dans la fonction publique, une pratique qui coûte 300 millions$ par an. Elle entend continuer à dénoncer les abus et les injustices liés à cette pratique.

Plus de détails dans LeDroit du 25 mai ou sur ledroitsurmonordi.ca

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