Un groupe d'universitaires s'inquiète de la situation à Bibliothèque et Archives Canada

La mémoire du pays menacée par des coupes

Selon l'ACPPU, la « restructuration mal conçue »... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Selon l'ACPPU, la « restructuration mal conçue » de Bibliothèque et Archives Canada fragilise gravement l'institution, dont le mandat consiste à préserver l'histoire et le patrimoine documentaire du pays.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

La mémoire collective du pays est mise en péril par d'importantes coupes budgétaires survenues à Bibliothèque et Archives Canada (BAC), assure un groupe représentant des milliers d'universitaires qui lance ce matin une campagne pour dénoncer la situation.

L'Association canadienne des professeures et professeurs d'université (ACPPU) soutient que les mesures de restructuration mises en place par le gouvernement conservateur depuis 2009 à BAC fragilisent gravement l'institution, dont le mandat consiste à préserver l'histoire et le patrimoine documentaire du pays.

« C'est vraiment inquiétant, et pas que pour la recherche universitaire », assure David Robinson, directeur général associé de l'organisation. L'ACPPU représente quelque 65 000 enseignants, bibliothécaires, chercheurs et autres universitaires.

Selon M. Robinson, la « restructuration mal conçue » de Bibliothèque et Archives Canada a mené à une réduction de l'accès du public aux documents, à la chute du montant de matériel acquis chaque année et à la décentralisation de certains services patrimoniaux vers des fournisseurs tiers.

Les bibliothécaires de l'Université de Toronto, eux, parlent carrément d'un « désastre », dénonçant « l'application de modèles d'affaires » à une institution centenaire comme BAC.

« Bibliothèque et Archives avait comme pratique d'acquérir la plupart du matériel significatif produit au Canada ou par des Canadiens. On est passés à une collection documentaire essentielle, au lieu d'une collection riche et complète coordonnée par des bibliothécaires et des archivistes spécialisés », dit M. Robinson.

Le groupe reconnaît que les changements technologiques de la dernière décennie ont fait croître de façon exponentielle la quantité d'ouvrages et autres documents produits au Canada, mais trouve inacceptable que BAC réduise l'éventail de contenu dont elle se porte acquéreur.

« On a récemment vu des transcriptions de discours prononcés lors de la guerre de 1812 s'en aller aux États-Unis plutôt qu'ici. C'est ironique quand on voit l'intérêt de ce gouvernement pour ce conflit, ajoute-t-il. Parallèlement, de nombreux archivistes principaux ont quitté et n'ont toujours pas été remplacés, ce qui limite l'accès à une expertise importante. »

Pas des coupes, dit BAC

De son côté, Bibliothèque et Archives soutient que la modernisation dont elle fait l'objet n'a donné lieu à aucune compression budgétaire et « ne menace pas l'intégrité de la collection ». « L'Association a certes droit à son opinion quant aux orientations de Bibliothèque et Archives Canada », ajoute la porte-parole Pauline Portelance, ajoutant que l'organisme a répondu aux craintes de l'ACPPU en mai dernier.

Plus de détails dans LeDroit du 2 novembre 2011 ou sur ledroitsurmonordi.ca

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