Un jeune de Québec dans l'arrière-scène du Parlement

Depuis qu'il est premier page au Sénat, le... (Simon-Séguin Bertrand, LeDroit)

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Depuis qu'il est premier page au Sénat, le Québécois Julien Labrosse a trouvé un nouveau respect pour les politiciens.

Simon-Séguin Bertrand, LeDroit

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Prises de bec, échanges musclés, débats acrimonieux: les délibérations à la Chambre des communes - et dans une moindre mesure, au Sénat -, sont souvent empreintes de partisanerie bornée et mesquine. Mais derrière le masque du politicien se cachent des hommes et des femmes «cordiaux, sympathiques et terre à terre».

«Si tout le monde avait la chance de voir ce qui se passe derrière les rideaux, la population aurait plus de respect pour les politiciens, pour qui ils sont en tant que personnes», estime le premier page au Sénat, Julien Labrosse.

Lorsque les micros sont éteints, que les caméras ont quitté la salle, les sénateurs «s'entendent tous très bien», s'étonne toujours M.Labrosse, le premier Québécois à être nommé au poste qu'il occupe depuis que le programme des pages du Sénat du Canada a changé de visage dans les années 1980. «Même s'ils ne sont pas d'accord sur certaines choses, ils ne se détestent pas en tant que personnes. En fait, ils sont de bons amis et s'entendent tous très bien. C'est la chose la plus impressionnante.»

Cette proximité avec les membres du Sénat a d'autres effets bénéfiques sur l'étudiant féru de politique inscrit à l'Université d'Ottawa.

Chaque jour, devant ses yeux, les projets de loi changent et évoluent à coup d'arguments et de répliques tantôt solides, tantôt discutables. Dans cette arène où la forme l'emporte parfois sur le fond, personne n'a le monopole de la vertu, ni des bonnes idées.

Le devoir de réserve

Durant leur passage au Sénat, qui dure deux ans, les pages sont tenus de respecter un devoir de réserve. Exit les opinions politiques exprimées en public et sur les médias sociaux. Or, l'exercice s'avère moins pénible que prévu pour le jeune homme.

«La clé du programme, c'est que nous devons être impartiaux et non partisans. Pendant deux ans, nous mettons toutes nos idées politiques de côté. Je pensais que ça allait être difficile, mais d'un autre côté, à être assis là à longueur de journée et d'entendre les débats [...] nous sommes toujours confrontés à nos propres idées politiques. Nous sommes en constante remise en question. Tu te rends compte qu'il n'y a pas d'absolu, analyse le jeune homme de 21 ans originaire de Québec. Aucun parti politique n'a toujours raison. L'important, c'est de rester ouvert et d'accepter que tes idées puissent changer.»

Les pages du Sénat ont reçu une attention inhabituelle de la part des Canadiens en juin 2011, grâce au coup d'éclat de Brigette DePape, cette jeune activiste qui a brandi une affiche sur laquelle il était inscrit «Stop Harper!» pendant le discours du Trône du gouvernement canadien. Elle a rapidement été licenciée.

«Cela a mis de l'attention sur le programme, répond adroitement M.Labrosse. Je ne peux pas commenter parce que je n'étais pas là, et je n'en ai subi aucune conséquence.»

Les quinze pages du Sénat sont des étudiants de premier cycle inscrits à temps plein à l'une des quatre universités de la région de la capitale nationale. Ils ont comme responsabilité d'assister les sénateurs dans leur travail.

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