Sang-froid et héroïsme en plein séisme

Le 12 janvier 2010, à 16 h 52,... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Le 12 janvier 2010, à 16 h 52, un important séisme frappe la capitale d'Haïti, Port-au-Prince. Le policier Martin Leblanc, en mission au sein de la MINUSTAH, passe vite à l'action. Il sauvera la vie de cinq personnes.

Étienne Ranger, LeDroit

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Le courage de Martin Leblanc, un policier d'Ottawa, a été reconnu par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui lui a décerné la «Citation du commissaire pour bravoure» pour ses actes héroïques lors du séisme du 12janvier 2010, en Haïti. Il a alors sauvé cinq personnes. Aujourd'hui, LeDroit et Radio-Canada lui remettent le titre de Personnalité de la semaine.

Martin Leblanc n'oubliera jamais le terrible tremblement de terre du 12janvier 2010, en Haïti.

Le policier d'Ottawa a vécu des heures terribles ce jour-là. Trois ans plus tard, il se souvient encore de tous les détails de cette tragédie. Lui qui était patrouilleur pour le Service de la police d'Ottawa participait alors à la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et se trouvait dans la capitale du pays, Port-au-Prince.

«À 16h50, je suis sorti du quartier général de la MINUSTAH avec quelques collègues de travail et nous nous sommes dirigés, en voiture, vers un restaurant où nous devions souligner mon départ d'Haïti au terme de ma mission. Nous avions à peine quitté le stationnement (16h52) quand le sol s'est mis à bouger sous la voiture. [...] Tout près de nous, un mur de pierre menaçait de s'effondrer et de nous pousser dans le ravin. Ma première réaction a été de sortir du véhicule, mais j'ai été projeté par terre. Le véhicule bougeait de haut en bas et de gauche à droite.»

«J'ai pris la main de ma collègue chinoise pour la protéger et je voyais des pierres qui volaient un peu partout. J'en ai reçu une sur la jambe. J'ai vu la terre s'écrouler d'une montagne et ensevelir un autobus. Les arbres faisaient un fracas intense en frappant le sol et en se relevant comme un coup de fouet. J'ai aussi entendu un bruit sourd, très intense, comme si tout allait exploser. Le sol se relevait et descendait si rapidement qu'on avait l'impression de rester en l'air durant une fraction de seconde», raconte le policier.

C'était effrayant, se souvient le policier. «Je croyais qu'on avait été frappés par une météorite et que la fin du monde était arrivée. Au début, je ne pouvais pas croire que c'était limité à Haïti... Quand la terre a cessé de trembler, il régnait un silence total. Aucun son, aucune voix, pas de chien qui aboie. Rien. On a alors vu un véritable nuage de poussière tomber sur la ville. Puis j'ai vu un homme s'avancer, recouvert de cette poussière blanche. Il y avait des gens partout au sol, des débris partout.»

Martin Leblanc a alors tenté de retourner à son quartier général en voiture, mais il a rapidement réalisé que c'était impossible. Il a donc quitté le véhicule pour continuer à pied. À ce moment-là, il ne savait pas encore que l'édifice avait été complètement démoli et que plusieurs de ses collègues avaient péri.

«En sortant de l'auto, j'ai été abordé par un employé de l'ONU qui m'a demandé de l'aider à sortir un collègue qui était coincé. [...] Nous avons entendu l'homme crier et ça a pris tout mon courage pour entrer dans l'édifice qui menaçait de s'écrouler. Je ne voyais pratiquement rien, mais j'ai pu l'atteindre en rampant sous les débris et le traîner jusqu'à l'extérieur.»

Ensuite, avec l'aide d'autres personnes, il a réussi à évacuer quatre autres vies. L'opération de sauvetage a duré deux heures.

Ce n'est qu'après cette opération qu'il est finalement retourné au quartier général. Sur place, il ne peut que constater les dégâts. «Le quartier général s'était effondré et mon patron Doug Coates manquait à l'appel. On a retrouvé son corps quelques jours plus tard.»

«Je me suis identifié auprès de mes supérieurs afin que ma famille sache que j'étais bel et bien vivant. [...] J'ai participé aux opérations de secours pendant une semaine avant d'être rapatrié au Canada. Il fallait escorter les secouristes et assurer leur sécurité. Ce fut une semaine totalement chaotique. Les morts gisaient en pleine rue. Il y en avait des centaines. On se serait cru en pleine zone de guerre», se souvient M.Leblanc, qui a dû composer avec un violent choc post-traumatique après son retour.

Plus de détails dans LeDroit du 21 janvier 2013 ou sur ledroitsurmonordi.ca

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