Prendre soin des hommes violents

Donald Fleury est l'un des rares thérapeutes qui... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Donald Fleury est l'un des rares thérapeutes qui oeuvrent auprès des hommes violents en Outaouais. «Il ne s'en trouve pas des tonnes, des centres d'aide pour hommes. C'est triste. Si les gens pouvaient voir ce problème-là comme étant celui de la souffrance, ça changerait bien des choses.»

Étienne Ranger, LeDroit

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En cette Journée internationale des hommes, LeDroit et Radio-Canada veulent souligner le travail du thérapeute familial Donald Fleury, en le nommant Personnalité de la semaine. Depuis 25 ans, il vient notamment en aide aux hommes violents et sexuellement délinquants. Il en sera d'ailleurs question ce soir, au pavillon Lucien-Brault de l'Université du Québec en Outaouais, lors d'un forum organisé par la Table de concertation de l'Outaouais au masculin.

Donald Fleury sait que ses clients comptent parmi les gens les plus détestés de la société. Ils violentent leurs femmes ou leurs enfants, lorsqu'ils ne les agressent pas sexuellement. Le thérapeute conjugal et familial parle à ces hommes, chaque jour, depuis 25 ans.

Lorsqu'il entend: «C'était plus fort que moi, j'ai frappé», le thérapeute tente d'aller plus loin afin d'en savoir plus au sujet de l'agresseur. La plupart du temps, il les rencontre à la prison de Hull ou à l'hôpital de Wakefield. «J'arrive après la crise, en deuxième ligne. Il ne faut pas oublier, je parle à des femmes dans la même situation. Elles aussi sont capables de violence.»

À 68 ans, M.Fleury est l'un des rares thérapeutes de cette trempe - sinon le seul - en Outaouais. Il a franchi ses 25 ans de service en octobre dernier et sent toujours le besoin de continuer. «J'attends que quelqu'un prenne la relève, de voir qui peut continuer. Mais la population a le jugement facile... Ce ne sont pas des gens aimés dans la société. Je ne sais pas qui pourra poursuivre le travail auprès d'eux.»

M.Fleury ne peut passer sous silence les impacts de l'hôpital Pierre-Janet de Gatineau, où il a passé une grande partie de sa carrière, et l'organisme Impact Rivière-Gatineau, qui oeuvre auprès de la même clientèle, dans la région de Maniwaki. D'un organisme à un autre, les hommes violents qui les fréquentent n'ont pas beaucoup changé en 25 ans, observe-t-il. Les causes et les conséquences demeurent les mêmes. La grande différence réside dans la disponibilité des services, «mais la population ne croit pas à ça. Il ne s'en trouve pas des tonnes, des centres d'aide pour hommes. C'est triste. Si les gens pouvaient voir ce problème-là comme étant celui de la souffrance, ça changerait bien des choses.»

Selon lui, les femmes et les hommes violents sont les symptômes d'un système qui ne leur laisse pas de place pour s'exprimer. «Les drames familiaux, on en voit régulièrement dans les nouvelles... Et ce sont davantage des hommes qui posent ces gestes. Ca traduit un manque d'aide, un manque de place.»

Plus de détails dans LeDroit du 19 novembre 2012 ou sur ledroitsurmonordi.ca

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