Le héros discret de la capitale

Abdulkadar Mohamed Dualeh a déposé ses valises au... (Martin Roy, LeDroit)

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Abdulkadar Mohamed Dualeh a déposé ses valises au Canada, à l'âge de 13 ans, après un véritable périple. Son chemin le mènera à Ottawa, où il étudie en techniques policières pour suivre les traces de son père.

Martin Roy, LeDroit

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Cherchez le bon Samaritain, vous trouverez Mo. Abdulkadar Mohamed Dualeh, de son vrai nom, a sauvé des vies au péril de la sienne, regrettant même parfois son insouciance. Son sixième sens pour flairer le danger et protéger autrui lui a valu lundi dernier une reconnaissance officielle de Prévention du crime Ottawa. Aujourd'hui, c'est au tour du Droit et de Radio-Canada d'honorer son courage, en le nommant Personnalité de la semaine.

Au premier regard, Mo n'a rien d'un héros. Depuis 12 ans, en tant qu'agent des règlements à la Ville d'Ottawa, son travail consiste essentiellement à «casser les pieds» des automobilistes stationnés (trop longtemps) au mauvais endroit.

Mais entre deux contraventions, il arrive à Mo - plus souvent qu'à son tour, visiblement - de sauver une femme du suicide, de cueillir un bambin égaré, affalé pieds nus dans un banc de neige, ou de s'interposer au milieu de barres de fer lors d'une bagarre de rue.

Mo dépose ses valises au Canada à l'âge de 13 ans, après un long voyage. Dix-huitheures de vol sans escale, de son pays natal, le Somaliland, jusqu'à New York. Les gens qui l'accueillent, des membres de sa «tribu», lui dérobent son sac et le jettent à la frontière canadienne près de Niagara Falls. Les douaniers canadiens, sidérés de voir un gamin seul, sans le sou, et dérobé de toutes pièces d'identité, mettront trois mois à démêler son dossier avant de le laisser traverser la frontière. De là, Toronto, puis Ottawa.

Comme bien des jeunes hommes, Mo veut être comme son père et devenir policier.

Un policier aussi intègre que son paternel, dont la droiture lui sera en quelque sorte fatale. Car, piégé au milieu d'une guerre civil qui fait 100000 morts, le père de Mo refuse de retourner les armes contre le peuple, dont il a promis d'assurer la sécurité. Le régime en place ne le voit pas ainsi. Cet outrage lui coûte la vie.

Mo est encore adolescent lorsqu'il s'engage bénévolement dans les activités du Centre de services policiers communautaires Canterbury, dans l'espoir, aussi, de faire vivre la mémoire de son père.

Puis, après des études en Techniques des services policiers à La Cité Collégiale, il déniche son premier boulot «d'immigrant», comme gardien de sécurité, lance-t-il sans perdre son sourire, l'air de s'amuser à ses dépens.

Plus de détails dans LeDroit du 12 novembre 2012 ou sur ledroitsurmonordi.ca

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