Toute une vie contre la violence

Après avoir mené une carrière consacrée aux familles... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Après avoir mené une carrière consacrée aux familles éprouvées de l'Outaouais, le criminologue Cyril Ryan pourra bientôt donner plus de temps à la sienne.

Patrick Woodbury, LeDroit

Louis-Denis Ebacher
Le Droit

Le criminologue Cyril Ryan a consacré sa vie à aider les familles et à s'occuper de criminels souvent considérés irrécupérables: les abuseurs d'enfants. Avec ses collègues de la CIAFS, il en a traité plus de 1000 en 25 ans. Aujourd'hui, alors que l'heure de la retraite arrive, LeDroit et Radio-Canada lui décernent le titre de Personnalité de la semaine.

«Je m'en vais en désintoxication», lance le criminologue Cyril Ryan, lorsqu'il parle de son imminente retraite, après 45 ans de carrière en violence familiale.

En un quart de siècle d'aide à des criminels considérés abjects par plusieurs - les abuseurs d'enfants -, M.Ryan a vécu sa dose d'histoires dramatiques et de réussites inespérées.

Issu de la première cohorte des diplômés en criminologie de l'Université d'Ottawa, en 1970, Cyril Ryan a traversé en Outaouais où il n'a cessé de remarquer les grandes différences entre le Québec et l'Ontario en matière d'intervention en violence familiale et en abus sexuels.

«La culture du Québec permet beaucoup de choses, explique-t-il. En Ontario, les personnes accusées d'abus sexuel deviennent tout de suite des numéros. Ici, ce que nous avons développé fonctionne très bien.»

Il fait partie des fondateurs de l'organisme Entraide Parents-Enfants de l'Outaouais (EPEO), qui a vu le jour il y a 25 ans, le 8août 1987. L'institut est devenu le Centre d'intervention en agression sexuelle pour la famille (CIAFS), le 17juillet 1998.

«Les Québécois sont fascinés par les enfants. C'est très ancré dans la culture. Depuis des générations, les familles ont toujours eu la mentalité de gérer leurs problèmes entre eux. Ça jouait contre elles. Les abus, on n'en parlait pas. Aujourd'hui, le message d'espoir, c'est que nos thérapies, ça marche.»

Le CIAFS s'efforce de faire comprendre aux abuseurs que leurs gestes sont provoqués par une sorte de «monstre intérieur» qui n'est jamais sorti. «Le problème n'est pas l'air vicié qu'on respire. Tout le monde respire le même air. Ce que nous devons faire, c'est nettoyer le filtre.»

Plus de détails dans LeDroit du 11 juin 2012 ou sur ledroitsurmonordi.ca

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