Le couple derrière la Place du marché

Pendant son enfance, Daniel Lavergne était fasciné par... (Jessy Laflamme, LeDroit)

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Pendant son enfance, Daniel Lavergne était fasciné par la solidarité des fermiers de son rang de Ripon. Depuis maintenant trois ans, il s'efforce à reproduire cet esprit d'entraide. Et il réussit bien à le faire.

Jessy Laflamme, LeDroit

Jessy Laflamme
Le Droit

Pendant son enfance, Daniel Lavergne était fasciné par la solidarité des fermiers de son rang de Ripon. Depuis maintenant trois ans, il s'efforce à reproduire cet esprit d'entraide. Et il réussit bien à le faire.

La nouvelle coopérative de développement de Ripon compte maintenant 220 membres. Le bâtiment érigé pour accueillir le marché public vaut 700000$, mais a nécessité un investissement de seulement 200000$, le reste provenant de dons. «Près de 50 entrepreneurs de notre secteur ont fait preuve d'une très grande générosité. Nous avons connu un vrai effet d'entraînement», raconte M. Lavergne. «Je crois que les gens veulent réinstaurer cet esprit de collaboration qu'on connaissait autrefois, et qui est, selon moi, notre salut.»

Il avait lancé l'idée d'un bâtiment multifonctionnel lors de la fermeture de l'usine de Robert Ribeyron. «À ce moment, plusieurs rumeurs de fermetures de commerces et de services ont commencé à circuler. On se demandait alors où ça s'arrêterait», se souvient M. Lavergne.

Celui-ci a pris le taureau par les cornes et a foncé dans la création de la Place du marché. Le marché public n'est qu'une première phase de cet audacieux projet. Une pharmacie ainsi qu'un centre de la petite enfance devraient s'installer sur le site éventuellement. «Le but est de regrouper plusieurs services afin d'inciter les gens à arrêter à cet endroit et à dépenser dans notre localité. C'est une façon de promouvoir l'achat local, tout en s'assurant d'être en mesure d'offrir des produits de qualité à la clientèle.»

Pour une deuxième année, différents producteurs de la Petite-Nation s'installeront dans le nouveau bâtiment. Déjà, le projet fait des petits: certains agriculteurs ont acquis de l'équipement ou ont doublé leur superficie d'ensemencement pour fournir le marché public.

En plus d'avoir fondé la coopérative et d'avoir participé à l'érection du bâtiment de bois aux allures campagnardes, M. Lavergne s'occupe de sa scierie avec son associé Sylvain Laporte. Avant de prendre les rênes de l'entreprise familiale créée en 1974 par son père Gérald, il a aussi opéré une cabane à sucre pendant quinze ans.

«Comme je suis un homme composé d'un tiers de lait à cause de mon enfance, d'un tiers de ban de scie et d'un tiers de sirop d'érable, je souhaite que la forêt serve à l'agriculture et vice-versa, mentionne-t-il. En fait, à la Place du marché, nous utilisons ce qui pousse dans la forêt pour permettre aux agriculteurs de vendre ce qui pousse dans leur champ.»

Un duo complice

Ce passionné devient ému lorsqu'il est question de sa compagne Johanne Moreau. «Je n'aurai jamais tout fait ça sans son aide, raconte-t-il les larmes aux yeux. Elle a toujours été présente et elle n'a jamais travaillé autant depuis qu'elle est à la retraite.»

Pour sa conjointe, c'était la moindre des choses. «Nous sommes ensemble depuis douze ans et nous n'avons jamais été aussi complices, affirme-t-elle. Il est tellement enthousiasme par ce projet que je ne peux faire autrement que de l'accompagner. Il est tellement beau à voir à essayer de sauver son village. Il y met son coeur, sa tête et son âme.»

Pour cette Gaspésienne, c'est aussi une petite revanche. Lors de son enfance, elle a été chassée de son village natal par Québec dans les années 1970. «À l'époque, j'étais trop jeune pour empêcher ces expulsions, se rappelle-t-elle. Quand j'ai pris connaissance de la situation à Ripon, j'ai eu peur de revivre la même expérience. Alors quand Daniel a voulu s'impliquer, je l'ai encouragé.»

Même si l'embauche récente d'une chargée de projet pour la coopérative permettra au couple de souffler un peu, les deux passionnés mijotent plusieurs plans, dont l'ouverture d'un restaurant où les plats seraient conçus avec les produits du marché. Quelques idées germent aussi dans leur esprit. «On aimerait notamment organiser des activités pour les nouveaux arrivants de la Petite-Nation et lancer des défis aux maires. On dévoilera tous les détails lors de l'ouverture du marché public ce vendredi. Mais également, on souhaite relaxer et se consacrer un peu plus à la scierie et redonner vie à la cabane à sucre», indique Mme Moreau.

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Rencontrez la Personnalité de la semaine le lundi dans LeDroit, ainsi qu'à 8 h 40 à l'émission Bernier et Cie, animée par Carl Bernier à la radio de Radio-Canada au 90,7 FM, et au Téléjournal Ottawa-Gatineau de 18 h présenté par Michel Picard à la télévision de Radio-Canada.

À chaque semaine, un jury formé de représentants des rédactions du quotidienLeDroit, ainsi que de la radio et de la télévision de Radio-Canada Ottawa/Gatineau nomme un lauréat afin de souligner une réalisation exceptionnelle ou une contribution significative à la vie ou au rayonnement de la région. Vous connaissez une personne qui mériterait d'être nommée ? Écrivez-nous à nouvelles@ledroit.com.

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