Sylvie Bigras est avant tout une grande sportive, mais son amour du sport l'a amenée à vivre bien d'autres expériences enrichissantes. Récemment, l'Association canadienne pour l'avancement des femmes, du sport et de l'activité physique (ACAFS) l'a d'ailleurs désigné comme l'une des femmes les plus influentes dans le monde du sport et de l'activité physique au pays.
L'ACAFS lui a décerné ce titre à la suite de son travail comme chef de presse aux Jeux olympiques d'hiver de Vancouver, en février dernier. Elle était alors responsable des relations de presse du Comité olympique canadien, tant en anglais qu'en français.
Il faut dire qu'elle possède une longue expérience olympique : elle a commencé l'aventure aux Jeux d'hiver de Sarajevo, en 1984. « En 1984, j'étais chef de presse adjointe. Le Comité olympique canadien voulait une francophone parce que le chef de presse était anglophone. Je travaillais alors comme directrice générale de Volley-ball Canada. Ensuite, je suis allée aux Jeux olympiques de Calgary en 1988. Et en 1992, le chef de mission de l'équipe canadienne, Ken Read, m'a demandé de devenir son adjointe. J'ai été très surprise lorsqu'il m'a appelée pour me proposer le poste, car nous ne nous étions jamais rencontrés auparavant. Nous sommes devenus de très bons amis par la suite », raconte Mme Bigras.
Le goût du sport
Mais avant de vivre la grande aventure olympique, Sylvie Bigras a joué au volley-ball jusqu'au niveau universitaire.
« Au début de mon adolescence, j'étais déjà grande. En arrivant à l'école secondaire, à l'ancienne école Belcourt, les entraîneurs de basket-ball et de volley-ball m'ont vite proposé de jouer dans l'équipe scolaire. J'ai pris goût au volley-ball et une fois rendue à l'Université d'Ottawa, j'ai fait partie de l'équipe universitaire qui fut à ce moment-là, la meilleure au Canada. J'ai participé à un camp d'entraînement de l'équipe nationale, mais je n'ai pas été sélectionnée. J'ai toutefois continué à jouer au niveau compétitif pendant plusieurs années », explique-t-elle.
Après ses études, elle entame une carrière à Volley-Ball Canada, où elle a travaillé durant plusieurs années, soit jusqu'en 1998. « Mes deux garçons étaient très jeunes. J'ai alors décidé de rester à la maison tout en acceptant certains contrats. Depuis ce temps, je suis travailleuse autonome et ça me donne beaucoup de liberté tout en me permettant de relever des défis intéressants. »
Le don des langues
Parallèlement à son amour pour le sport, Sylvie Bigras a développé une passion pour les langues. Franco-Ontarienne de naissance, elle maîtrise le français et anglais. Elle a également appris l'espagnol alors qu'elle était toute jeune. À 13 ans, elle passe tout l'été en Espagne, où elle vivait dans une famille qui avait une fille de son âge. « J'étais en immersion totale. Quand je suis revenue, je parlais couramment l'espagnol et je l'ai toujours pratiqué ensuite. Aujourd'hui, je suis encore très à l'aise dans cette langue. »
Cette expérience lui a révélé son don pour les langues : elle a aussi appris l'allemand, le portugais et même un peu de mandarin en vue des Jeux olympiques de Pékin, en 2008.
« On dit que lorsqu'on apprend une deuxième ou une troisième langue, notre cerveau développe de nouvelles habiletés pour en apprendre d'autres. Je crois que c'est vrai : j'apprends assez facilement les langues, ne serait-ce que les rudiments pour me débrouiller en voyage et ça m'a beaucoup servi. Je trouve aussi que c'est une question de respect envers les gens du pays que l'on visite », explique-t-elle.
Un monde de possibilités
Son expérience en communications et sa maîtrise des langues l'ont d'ailleurs amenée à être embauchée comme maître de cérémonie lors de plusieurs événements. Ainsi, lors d'une visite de George W. Bush dans la capitale, elle a dû remplacer à pied levé le regretté Pierre McNicoll, qui devait animer la soirée organisée en l'honneur du président des États-Unis, aux Musée canadien des civilisations. M. McNicoll est décédé subitement le matin du gala, qui avait lieu en début de soirée.
Le rôle de maître de cérémonie est un rôle qu'elle connaît bien. Elle fait aussi beaucoup de voix hors-champ. « C'est vraiment intéressant et ça ouvre toutes sortes de possibilités. Ainsi, au Musée canadien de la guerre, on cherchait une personne capable de bien s'exprimer en français et en anglais pour enregistrer les explications dans les expositions. Les gens du musée voulaient que ce soit la même voix dans les deux langues. »
Le sport l'a donc attirée vers le monde des communications. Et lorsqu'elle peut combiner les deux domaines aux Jeux olympiques, c'est encore plus stimulant. Elle a d'ailleurs pris beaucoup d'expérience lors des Jeux de Pékin et de Vancouver. « C'était de très gros Jeux. Il fallait rendre les athlètes canadiens disponibles pour accorder des entrevues mais, en même temps, leur laisser le temps de s'entraîner et de récupérer. De plus, le monde des médias a beaucoup changé. Avec les nouvelles sont diffusées 24 heures par jour, on n'a plus des heures de tombées comme il y a quelques années. »
Des changements qui la stimulent, elle qui se considère choyée de pouvoir oeuvrer dans le passionnant monde du sport et des communications.