Armée du Salut : il reste du travail à faire

« Dans les faits, il n'existe pas de collectivité... (Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit)

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« Dans les faits, il n'existe pas de collectivité à laquelle conviendrait le concept archaïque de méga-refuge d'urgence, soutient le conseiller municipal Mathieu Fleury. Quand on me dit que Vanier est le lieu idéal où installer un tel refuge, je me demande bien sur quoi cette croyance est basée », ajoute-t-il

Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit

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En tant que société, nous comptons sur les organismes de services sociaux efficaces, financés par les résidants et par les fonds publics, pour aider nos concitoyens plus vulnérables. Il faut avoir eu recours à ces services pour savoir à quel point ils peuvent être nécessaires et transformateurs. Indéniablement, lorsqu'un citoyen est dans le besoin, nous devons voir à ce qu'il reçoive le soutien adéquat.

Le regroupement des services en un lieu peut produire des effets néfastes durables sur la collectivité et sur les personnes qui ont recours à ces services. Nous avons le devoir de repenser la structure des services sociaux en tenant compte des données et des meilleures pratiques. Dans les faits, il n'existe pas de collectivité à laquelle conviendrait le concept archaïque de méga-refuge d'urgence. Quand on me dit que Vanier est le lieu idéal où installer un tel refuge, je me demande bien sur quoi cette croyance est basée.

L'Armée du Salut a mal démarré son projet. Malgré de multiples demandes afin qu'elle le réexamine et reconnaisse la nécessité de faire participer la collectivité, elle s'est entêtée à imposer son plan d'une manière froide et corporatiste ce qui, par sa fermeture d'esprit et son manque de sincérité, a mis la collectivité à dos.

Durant l'été, nous avons rappelé à l'Armée du Salut sa responsabilité de faire participer la collectivité, de réévaluer son approche et d'en revoir l'emplacement. Nous avons demandé de multiples consultations afin que les résidants puissent véritablement être entendus et leurs opinions tenues en compte. L'Armée du Salut a répondu par la tenue d'une séance portes ouvertes mercredi dernier.

Comme s'il était question de la simple planification d'un projet sans répercussions, l'Armée du Salut n'a tenu qu'une séance publique - plus tôt cette semaine - pour entendre nos questions et exposer son mégaprojet. Difficile de déterminer la part que ses clients et employés y ont pris.  

Nous avons maintes fois souligné que le degré d'intérêt et d'opposition de la collectivité et de nombreux autres résidants d'Ottawa justifiait la tenue de plus d'une journée de consultation, car il faut faire participer des résidents informés et recueillir tous leurs commentaires. Malheureusement, le personnel de l'Armée du Salut aux portes ouvertes tenait davantage à présenter les services actuels qu'à nous écouter et à tenir compte d'autres façons de faire.

Vu les préoccupations constantes de la collectivité, nous veillerons à ce que le résumé des commentaires reçus par la Ville d'Ottawa soit rendu public. Nous demandons à l'Armée du Salut de répondre par écrit aux commentaires et de repenser son projet.

Au lieu de la séance de consultation, il aurait été plus productif de présenter une vidéo décrivant le projet et exposant divers avis d'experts. On aurait pu ensuite publier cette vidéo en ligne, puis tenir une séance publique de questions-réponses. La consultation aurait dû être enregistrée puis communiquée à ceux qui ne pouvaient pas y assister. Quelques séances tenues en soirée auraient permis une réelle participation active.

Le projet de 50 millions $ de l'Armée du Salut représente un investissement important à Ottawa. Réalisé correctement, il permettrait une réorientation de l'aide au logement et la stabilisation de nos concitoyens les plus vulnérables.

Nous donnons à l'Armée du Salut l'occasion d'entendre, de s'adapter et de repenser son projet. 

Nous espérons que cette importante organisation dans les services sociaux changera de ton et saura faire preuve d'innovation à Ottawa.

L'auteur est Mathieu Fleury, conseiller municipal dans Rideau-Vanier.




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