Le rôle du Canada face au Venezuela

La situation des pauvres et de la classe... (Archives, La Presse)

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La situation des pauvres et de la classe moyenne continuera à se détériorer, mais en se servant de la guerre psychologique et la répression sélective, le régime empêchera toute menace importante pour sa survie.

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La guerre civile est une possibilité au Venezuela, mais les choses ont changé, au moins politiquement, depuis que ladite Assemblée constituante illégitime et inconstitutionnelle a été « élue » le 30 juillet. Une nouvelle « normalité » s'installe au pays où tous les acteurs politiques tentent de trouver leur place, y compris l'opposition représentée par la coalition réunie autour de la Mesa de la Unidad Democrática (MUD).

Toutefois, cette « normalité » n'a pas empêché le régime de continuer de violer les droits de la personne et de détruire littéralement le tissu économique et social du pays : le Venezuela a un taux d'inflation annuelle de 1000 %, l'un des taux de meurtres les plus élevés au monde, et un système de santé publique dévasté. Le régime a trouvé le moyen de « domestiquer » l'opposition, de réduire ou même d'arrêter les manifestations de rue et de consolider un état policier qui contrôle tout. Le Venezuela se dirige vers la consolidation d'une narcodictature militaire avec une façade de présidents civils. Le président actuel Nicolás Maduro pourrait être remplacé, mais cela ne changera rien.

La situation des pauvres et de la classe moyenne continuera à se détériorer, mais en se servant de la guerre psychologique et la répression sélective, le régime empêchera toute menace importante pour sa survie. 

Même les militaires qui se sont récemment révoltés ont montré qu'ils sont soit très maladroits ou qu'ils font partie d'une performance organisée par le gouvernement, avec l'aide des services secrets cubains, très actifs au Venezuela depuis 18 ans.

Que peut faire le Canada ? 

Le Canada devrait exercer davantage de pression sur la dictature vénézuélienne. Il devrait sanctionner les fonctionnaires publics et les hauts rangs de l'armée afin de montrer clairement qu'ils ne peuvent pas avoir des actifs ici et que leurs familles ne peuvent vivre confortablement au Canada, alors qu'ils continuent de violer les droits de l'homme et de tirer profit de la corruption. Les partisans de la dictature et les responsables corrompus ne sont pas les bienvenus au Canada, où ils peuvent jouir avec leurs familles des droits et de la démocratie qu'ils ont niés aux Vénézuéliens. Ils ne devraient pas non plus pouvoir profiter de l'argent volé. 

Le Canada doit agir rapidement pour aider le Venezuela à surmonter cette situation tragique et envoyer un message clair au régime : notre pays d'accueil défend sérieusement les droits de l'homme et la démocratie dans les Amériques.

L'auteur est Isaac Nahón-Serfaty, journaliste vénézuélien et professeur à l'Université d'Ottawa




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