La santé, un défi pour Andrew Scheer

Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew... (Archives La Presse canadienne, Fred Chartrand)

Agrandir

Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer

Archives La Presse canadienne, Fred Chartrand

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le nouveau chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, semble réceptif à l'idée de laisser le système public comme tel, mais encourage les provinces à innover. Pour le bien des patients et des médecins, permettez-moi de suggérer quatre secteurs auxquels on doit accorder une attention particulière.

Assurance-médicaments : selon une étude de l'Université de la Colombie-Britannique, le Canada est le deuxième de neuf pays où les coûts de médicaments sont les plus élevés pour les troubles médicaux courants, comme l'hypertension artérielle. Environ 10 % des Canadiens ne peuvent pas se permettre de faire remplir leurs ordonnances. Si Ottawa dépensait 1,2 milliard $ annuellement pour offrir une couverture universelle pour 117 médicaments (ce qui représente 44 % des ordonnances), les régimes individuels et privés économiseraient 4,3 milliards $ annuellement.

Arbitrage exécutoire : en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse et récemment, au Manitoba, les gouvernements ont rejeté les décisions d'arbitrage et les ont neutralisées par des lois subséquentes. Si l'objectif est de recruter et de conserver des docteurs en médecine mobiles, il faut les traiter de manière équitable. En 2013, l'Association médicale canadienne avait proposé la modification de l'Article 12 de la Loi canadienne sur la santé afin de mandater l'arbitrage exécutoire. Par souci de justice envers les docteurs en médecine dans l'ensemble du Canada, la Loi canadienne sur la santé doit être modifiée dès maintenant.

Transférabilité des paiements : les Québécois peuvent bénéficier de la transférabilité des services hospitaliers, mais non des services médicaux, ce qui représente une violation de l'Article 11 de la Loi canadienne sur la santé. Puisqu'aucun ministre de la Santé fédéral n'a appliqué la loi, une solution logique serait qu'Ottawa paie les docteurs en médecine mobiles directement pour tous les patients traités à l'extérieur de leur province de résidence. Il s'agit d'un coût d'environ 175 millions $ par an, soit 0,7 % du coût total des services médicaux payés dans l'ensemble du Canada, ce qui représente un montant abordable.

Privatisation limitée : je soutiens entièrement le système de santé publique universel à payeur unique. Le Fonds du Commonwealth nous a classés au 10e rang parmi 11 pays développés en ce qui concerne l'efficacité de notre système. Plusieurs études proposent des moyens d'amélioration. Toutefois, elles sont compromises lorsqu'un gouvernement provincial ne peut pas ou ne veut pas installer suffisamment de lits pour malades chroniques. En Ontario, 28 000 patients âgés sont sur la liste d'attente pour un lit de soins de longue durée. Toutefois, le ministère de la Santé a récemment reconnu qu'« en ce moment, il n'existe aucun programme provincial visant la création de nouveaux lits pour les soins prolongés à domicile ».

Ces propositions sont également très peu utiles lorsque les hôpitaux doivent fermer les salles d'opération pendant plusieurs semaines à Noël et l'été parce qu'ils sont confrontés à des gels budgétaires. Ces fermetures font augmenter les délais d'attente pour les chirurgies non urgentes et accélèrent les pertes permanentes de médecins, d'infirmiers et de techniciens compétents, qui sont contrariés par le sous-emploi, en faveur d'autres provinces et pays.

Il faut trouver de nouvelles sources de revenus. Si les lois fédérales et provinciales étaient modifiées, les salles d'opération pourraient s'agrandir et accueillir davantage de chirurgies non urgentes en tout temps pour les Américains et les autres patients étrangers. Ces changements pourraient créer de nouveaux emplois pour nos professionnels de la santé et également apporter des revenus absolument nécessaires pour nos hôpitaux et les ministères de la Santé.

Les incitations financières pourraient minimiser le risque d'abandon du système public par les docteurs en médecine. Par exemple, ceux qui travaillent dans ce système pendant un certain nombre d'heures par semaine pourraient toujours recevoir des subventions gouvernementales pour l'assurance contre la faute professionnelle.

Au cours des deux prochaines années, avant les élections fédérales, Andrew Scheer devrait aborder ces enjeux. Les patients et les professionnels de la santé du Canada attendent.

Né à Montréal, l'auteur, Charles S. Shaver, MD, est médecin à Ottawa




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer