L'autre anniversaire de 2017

Le FMI s'attend maintenant à voir l'économie canadienne... (Etienne Ranger, Archives Le Droit)

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Le FMI s'attend maintenant à voir l'économie canadienne croître de 2,5 % en 2017, alors qu'il avait prévu une croissance de 1,9 % en avril.

Etienne Ranger, Archives Le Droit

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OPINION / Puisque nous célébrons cette année le 150e anniversaire de la Confédération (et non du Canada), il serait bon de savoir qu'à la suite de la conférence de Québec d'octobre 1864, tenue à huit clos et dans la culture du secret, s'ensuivirent des débats parlementaires sur les 72 résolutions issues de ladite conférence. Les députés et la population du Canada français ont fait l'impossible pour obtenir que ces résolutions soient soumises au vote de la population par référendum ou élections référendaires, mais sans effet. Malgré une soixantaine de pétitions de la population, malgré trois motions présentées en ce sens au Parlement, les ministres s'y opposèrent farouchement, alléguant que l'appel au peuple était anticonstitutionnel et antibritannique, que le Canada ne serait pas une république mais bel et bien une monarchie anglaise (bien que de dynastie allemande dit « Maison de Hanovre ») dont la toute denière représentante « directe » en Grande-Bretagne était la reine Victoria.

Rares sont ceux qui savent que la reine Élisabeth II est davantage de sang royal allemand que britannique natif? En plus, elle est la chef suprême d'une Église, en l'occurrence de l'Église anglicane. À ce titre et en tant que Canadien, je m'offusque qu'Élisabeth II est aussi chef du l'État canadien. Les Canadiens anglais accepteraient-ils que le pape, en tant que chef suprême d'une autre Église, soit également chef de l'État canadien?

En juillet 2017, la Maison de Windsor célèbre son centenaire. Il y a un siècle, en 1917, le roi George V de la Grande-Bretagne se débarrassa de son nom allemand Saxe-Coburg-Gotha issu indirectement de la Maison de Hanovre. Pourquoi? Parce que l'Allemagne était l'ennemi pendant la Première Guerre mondiale.

En tant qu'Acadien, je ne peux accepter qu'une reine d'une dynastie issue de la Maison de Hanovre puisse avoir le culot de régner au-dessus des Acadiens étant donné que c'est le Hanovrien George II et son fils le duc de Cumberland (cf. le fort Beauséjour a été renommé fort Cumberland en honneur de ce duc sanguinaire) qui ont fomenté le nettoyage ethnique des Acadiens. Comme ils l'ont fait d'ailleurs eu égard aux Écossais à Culloden ainsi qu'envers les Amérindiens. Peut-être plus particulièrement, je m'offusque parce que cette famille royale n'a jamais jusqu'alors fait des excuses aux Acadiens au nom de la Couronne britannique. 

Vu cette donne, je suis parmi ceux de plus en plus nombreux qui clament l'abolition tout court de la Maison de Windsor au Canada. Si d'autres suggèrent la Maison des Stuarts (forme francisée des Stewarts) je ne serais pas contre, parce que malgré ce que le le Royaume-Uni a voulu faire accroire, il y aurait une descendance directe issue de Charlotte, la fille de Bonnie Prince Charlie. Après tout, c'était bien à cette dynastie écossaise que les hommes du futur président George Washington étaient allés offrir, en 1782, la « couronne de l'Amérique». L'histoire officieuse nous apprend que Charles Edward de jure Charles III déclina cette offre de George Washington. Quelle belle ironie c'aurait été pour l'histoire de la planète de s'être alors débarrassé en Amérique de la Maison de Hanovre (George III) pour la remplacer par la Maison des Stuarts (Charles III), celle dynastie qui fournissait depuis 1422 la garde personnelle du souverain français, intégrée aux troupes de la maison militaire du roi.

Non, si la reine d'Angleterre ne peut même pas lever le petit doigt pour s'excuser au nom de ses ancêtres pour le génocide plus que culturel des Acadiens, elle et sa famille ne méritent pas de régner sur nous les Acadiens. N'oublions pas que ce sont à la fois la famille royale et le gouvernement britanniques qui les premiers ont profité du nettoyage ethnique de ces Acadiens qui étaient à la fois citoyens britanniques depuis la Nova Scotia et citoyens français depuis l'île Saint-Jean. Avant tout, la Déportation acadienne ne marque-t-elle pas le début géopolitique de l'Empire britannique. Au bas mot, très profitable...

Et pourquoi Pierre Elliott Trudeau y est-il allé en enchâssant la clause du « consentement unanime » dans la loi constitutionnelle de 1982 quant à toute modification portant sur la question de la charge de la reine au Canada? Pourquoi vouloir enchâsser le renforcement de la monarchie dans la constitution du Canada sans faire appel au peuple canadien? Cette proverbiale anguille sous roche fomentée par Pierre Elliott Trudeau n'aurait-elle pas bafoué une des sacro-saintes valeurs canadiennes dont se targue Patrimoine canadien, la démocratie ! Sans avoir fait appel au peuple pour savoir s'il voulait, par un tel truquage, renforcer ou non la charge de la chef de l'État n'est pas seulement antidémocratique mais anticanadien. Pour moi, ce fut un tour de force réussi puisque Trudeau savait très bien que sa Charte canadienne des droits et des libertés défraierait l'entièreté de la chronique. Toute cette charade trudeauesque ne pourrait-elle pas être considérée sui generis à la fois comme étant anticonstitutionnelle et anticanadienne, grâce à cette même Charte?

David Le Gallant, Mont-Carmel (Î.-P.-É.)




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