Oui au dialogue Québec-Canada...

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Justin Trudeau, premier ministre canadien, et Philippe Couillard, premier ministre québécois

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Nous avons lu avec grand intérêt la nouvelle position constitutionnelle du gouvernement du Québec, « Québécois, notre façon d'être Canadiens. Politique d'affirmation du Québec et de relations canadiennes ». D'entrée de jeu nous disons oui au dialogue initié par le Québec. Sa volonté d'occuper « toutes les chaises » à Ottawa nous réjouit. Toutefois l'approche préconisée sur les langues officielles et en francophonie canadienne dans ce rapport est ténue.

La fédération canadienne s'est construite en partie pour répondre aux préoccupations du Québec en tant que nation nous dit le Québec. Malheureusement, la Constitution de 1867 a laissé en plan les Acadiens et les francophones de l'Ontario.

Le fédéralisme a aussi rendu possible la mise en place de politiques assimilatrices dont le Règlement 17 en Ontario interdisant l'enseignement en français.

À l'époque, le Québec a joué un rôle clé dans la lutte pour l'éducation en français hors Québec. Mentionnons aussi l'importance des sénateurs du Québec dans le dossier de la nomination de francophones du reste du Canada au Sénat. Jusque vers les années 1960, le Québec a été de tout coeur avec les luttes des francophones de l'ensemble du pays.

Depuis, le Québec se consacre à l'édification de son État. Son action envers les minorités a été consignée dans une politique d'appui aux communautés francophones ; en 2008, le Québec fondait le Centre de la francophonie des Amériques.

Le rapport souligne que le Québec souhaite contribuer à l'élargissement de l'espace francophone au Canada. Bien que le sujet ne soit pas traité dans le rapport, il serait souhaitable que le Québec s'abstienne lorsque ses interventions devant les tribunaux sont potentiellement nuisibles aux minorités francophones. Nous convenons toutefois que le Québec peut jouer un rôle important au sein de la Conférence ministérielle de la francophonie canadienne, notamment afin d'appuyer les revendications des minorités francophones.

Le rapport fait fi du rôle du Québec dans le développement d'une approche favorable aux langues officielles au pays. À titre d'exemple, il fait peu de cas de son rôle dans la mise en place, depuis au moins les années 1960, de la politique des langues officielles.

L'adoption de la Loi sur les langues officielles en 1969 vient du leadership du Québec à Ottawa. En plus de confirmer le droit des francophones et des anglophones à des services fédéraux, la Loi a aussi jeté les bases de la reconnaissance constitutionnelle de l'égalité du français et de l'anglais en 1982. Depuis 1988, la nouvelle Loi sur les langues officielles confère le droit de travailler dans la langue officielle de leur choix.

Le Québec doit poursuivre cet engagement qu'il porte envers les langues officielles depuis les années 1960, car la force normative de la Loi dépend aussi de son action. On ne peut pas faire de la Loi un simple outil d'action pour les minorités de langue officielle. Ce serait en réduire la portée et laisser entendre que les Québécois francophones n'ont pas à se sentir concernés par les langues officielles au pays, comme si leurs droits linguistiques étaient complètement pris en compte par la Charte québécoise de la langue française. Le Québec doit se préoccuper du dossier des langues officielles, par exemple en appuyant les démarches pour officialiser le caractère bilingue de la Ville d'Ottawa et en exigeant une meilleure place pour le français dans la fonction publique fédérale. Non seulement, le Québec joue un rôle particulier au pays afin de s'assurer de la pérennité du français, il doit se faire un devoir de contribuer au bon état de santé des langues officielles au pays dans son ensemble et non uniquement du français au Québec. La défense du français mené par le gouvernement du Québec ne serait se limiter au seul territoire québécois. Elle doit aussi faire partie de sa conception des relations canadiennes et d'un véritable fédéralisme plurinational.

Linda Cardinal, 

Marie-Hélène Eddie, 

Sébastien Grammond, 

Martin Normand, 

Université d'Ottawa 

Stéphanie Chouinard, 

Collège royal militaire du Canada ;

Rémi Léger, 

Simon Fraser University




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