Meilleur victime de «mange-canayen»

Madeleine Meilleur... (Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit)

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Madeleine Meilleur

Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit

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J'étais dans la galerie lors de la comparution de Madeleine Meilleur devant le Sénat, lundi, avant qu'elle ne se récuse du processus de nomination comme commissaire aux langues officielles, hier.

Le comportement des sénateurs était très courtois. Les critiques disent que c'est le « processus » qui les préoccupait. Ce processus est pourtant fondamentalement le même utilisé pour combler les 200 000 quelques postes de fonctionnaires au fédéral : faut-il alors tous les congédier et attendre un processus qui recevra le nihil obstat des âmes bien pensantes avant de les réembaucher ? 

Si le processus est « teinté » pour choisir la candidature méritoire, il l'est tout autant pour le deuxième choix, le troisième et ainsi de suite.

Il y a quelques jours, le quotidien La Presse publiait un article où des « candidats » déploraient sous l'anonymat leur traitement ; si ces personnes n'ont pas le courage de s'identifier, elles devraient au moins se fermer le clapet. Cela soulève aussi le sujet de la firme de chasseurs de tête qui dévoile de l'information confidentielle à tout vent et tout venant : c'est à souhaiter que leur client refuse de les payer en vertu de l'article 34 de la Loi sur les finances publiques. Voilà une firme qui vient de perdre un gros client !

Il a été absolument extraordinaire de constater la manifestation de mauvaise fois de la part des chefs de file de la dualité linguistique, des parlementaires et certains journalistes ! Je trouve dommage de voir nos élus et autres leaders se comporter comme des intimidateurs de cour d'école ou des pleurnichards ! C'est du « mange-canayen » à son meilleur ! Les propos énoncés par certains et leur manière de le faire en disent davantage à leur sujet que ce qui est entendu et vu.

Est-ce que la Fédération des communautés francophone et acadienne réalise qu'elle a insulté la ministre du Patrimoine en insistant sur une rencontre avec le premier ministre Justin Trudeau ? On a réclamé des explications sur le processus de nomination : le Devoir l'a assez bien expliqué dans son édition du 17 mars. Et depuis quand le premier ministre est-il redevable à un organisme citoyen quant au processus d'embauche d'un fonctionnaire ? Le Commissaire est mandataire de la Loi sur les langues officielles et n'a pas le mandat de porte-parole des communautés minoritaires de langue officielle.

Que dire de nos amis acadiens ? Je cherche toujours la clause indiquant que les candidats de ce coin de pays bénéficieront de points bonis. Lorsque le fédéral relancera le processus, ce serait drôlement louche si le candidat heureux était Acadien ; on dira alors que sa seule qualification est son code postal. Et vlan pour sa crédibilité.

En passant, le fameux article 49 de la Loi sur les langues officielles mentionne une consultation avec les chefs des partis politiques. Cela ne leur donne pas un droit de veto.

Le Canada vient de rater l'occasion d'avoir une commissaire aux langues officielles qui comprend vraiment l'ensemble des enjeux. La décision de Mme Meilleur de retirer sa candidature attriste : il faut croire que nous ne méritons pas une personne chevronnée avec une feuille de route stellaire.

Après le cirque auquel nous venons d'assister, qui voudra passer dans ce tordeur pour obtenir le poste ?

Finalement, à tous ceux qui ont participé à la campagne de salissage et à la propagation de demi-vérités, loin de moi l'intention de vous souhaiter du mal. Permettez-moi de vous souhaiter, du plus profond de mon coeur, tout ce que vous méritez.

Diane Desaulniers, Ottawa




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