La vitalité du Parti québécois en chiffres

Le Parti québécois est plus ancré dans la... (Archives La Presse, Bernard Brault)

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Le Parti québécois est plus ancré dans la population sur deux points : ses membres et son financement populaire, selon l'auteur.

Archives La Presse, Bernard Brault

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On annonçait encore la semaine dernière la mort du Parti québécois - cette fois, c'était l'ancienne candidate d'Option nationale, Catherine Dorion, dans les pages du Journal de Québec. C'est quelque chose qui arrive périodiquement depuis, dira-t-on, la naissance du PQ en 1968. Force est de constater que dans la réalité, il n'en est rien, et que de telles prophéties apparaissent plus souvent comme des souhaits que des analyses rigoureuses.

De deux choses l'une : pourquoi rien n'annonce la disparition du PQ et pourquoi existe-t-il une telle prolifération des annonces de sa mort ?

Le Parti québécois est plus ancré dans la population sur deux points : ses membres et son financement populaire. Avec 100 000 membres, il compte près de deux fois plus de membres que tous les autres partis combinés (Parti libéral - 30 000 ; Coalition avenir Québec - 11 500 ; Québec solidaire 10 000 ; ON - 1000). Lorsqu'on prend les chiffres disponibles de la plus récente élection (2014), c'est donc 9,3 % des 1 074 120 électeurs du PQ qui ont leur carte. ON (3,3 %) et QS (3,1 %) suivent de loin, tandis que le PLQ (1,7 %) et la CAQ (0,1 %) ferment la marche.

Côté financement, en 2017, le Parti québécois a récolté 457 000 $, soit deux fois plus que tous les autres partis réunis. Le Parti libéral du Québec arrive second avec 207 000 $. Même si QS compte sur seulement 7,6 % des électeurs, ceux-ci sont bien plus généreux (166 000 $ en 2017) que les 23,1 % électeurs de la CAQ (53 000 $ en 2017). Quant à ON, il a reçu 6580 $, ce qui le place derrière le Parti indépendantiste (14 568 $), et tout juste devant l'Équipe Adrien Pouliot (5637 $). En gros, le PQ reçoit 4 ¢ par électeurs, le double du PLQ et le quadruple de Québec solidaire.

En fait, ces deux points sont ceux sur lesquels le PLC de Justin Trudeau a très bien performé durant sa reconsolidation après une cuisante défaite en 2011 : une croissance du nombre de membres et un financement populaire plus dynamique. De la multiplication des annonces de la mort du Parti libéral du Canada en 2011, Justin Trudeau a formé un gouvernement majoritaire en 2015.

Le PQ est donc, de loin, le parti qui mobilise le plus les Québécois et, objectivement, le mouvement politique le plus « populaire » au Québec. Si plusieurs annoncent sa mort, c'est probablement parce que plusieurs la souhaitent. Probablement parce que, en se situant plus ou moins au centre de l'échiquier politique québécois, le Parti québécois est dans les plates-bandes de plusieurs intérêts partisans : plus nationaliste que le PLQ ou la CAQ, il est moins tête baissée sur la souveraineté qu'Option nationale ; plus à gauche que le PLQ ou la CAQ, il est plus modéré économiquement que Québec solidaire. N'en déplaise au Parti libéral (qui lui-même fête son 150e cette année), à la CAQ (née du décès de l'Action démocratique du Québec en 2011), de QS (né du double-décès l'Union des forces progressistes et d'Option citoyenne en 2006) ou d'ON (né de l'exil de députés péquistes), la mort du Parti québécois n'est pas pour demain.

Les auteurs, Jean-Sébastien Marchant et Jean-François Daoust, sont doctorants à l'École nationale d'administration publique et au Département de science politique de l'Université de Montréal respectivement.




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