Louise Briand, un atout pour l'UQO

Louise Briand... (Etienne Ranger, Archives Le Droit)

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Louise Briand

Etienne Ranger, Archives Le Droit

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Toute personne qui a étudié au CÉGEP aura entendu parler de Socrate, ce philosophe ancien qui fut à bien des égards le parrain des sciences modernes. Socrate nous apprend l'importance de remettre en question toutes les idées reçues, tout ce que nous croyons parce que tout le monde y croit ou parce qu'une autorité quelconque nous l'a inculqué.

À l'Université du Québec en Outaouais, où j'enseigne des cours de pensée politique et sociale, j'encourage mes étudiantes et étudiants à émuler Socrate. Il y a des réponses erronées, leur dis-je, mais il n'y a pas de mauvaises questions. Celles-ci nous obligent à clarifier notre pensée, à poser correctement les problèmes à résoudre, à examiner de manière critique nos approches et nos méthodes.

Sa remise en question des idées reçues n'a pas rendu Socrate populaire parmi ses contemporains. Ses concitoyens l'ont jugé, trouvé coupable et condamné à mort sous le prétexte qu'il corrompait la jeunesse. Nous ne le vénérons pas moins aujourd'hui, jugeant qu'il fut la victime de préjugés et de lâcheté.

J'ai pensé à Socrate en apprenant que le conseil d'administration de l'Université du Québec en Outaouais cherchait à exclure une de ses membres, la professeure Louise Briand, parce qu'elle posait trop de questions, parce qu'elle remettait en question trop de «vérités».

Je connais bien Mme Briand. C'est une collègue qui travaille très fort et maîtrise toujours ses dossiers. C'est surtout une personne d'une honnêteté sans borne, imbue d'une soif de justice intarissable, qui se dévoue sans limite au bien du corps étudiant, de ses collègues et de son université.

Ayant côtoyé la professeure Briand dans divers comités et assemblées de l'UQO, je peux témoigner de sa conduite toujours réfléchie, polie, respectueuse et constructive. Elle est absolument une personne de principe ; loin de tout dogmatisme, elle cherche à trouver des solutions pour faire avancer la cause commune, c'est-à-dire le bien du corps étudiant, du corps enseignant et de l'université.

Comme Socrate, Louise Briand pose beaucoup de questions. C'est certainement son rôle en tant que professeure d'université et en tant que membre d'un conseil d'administration. Elle manquerait assurément à son devoir de professeure et d'administratrice si elle n'examinait pas toutes les propositions et toutes les politiques de manière rigoureuse.

Un tel questionnement peut sembler fatigant, voire agaçant, surtout si c'est toujours la même qui en est la source. Notre société en a toutefois compris la valeur. Nous croyons fermement à l'importance de la présence d'une opposition au gouvernement dans nos assemblées législatives. Nous enseignons à nos élèves de CÉGEP les principes de l'argumentation, de la logique et de la rhétorique. La remise en question, l'opposition, la dissidence et le débat entraînent de meilleures décisions. Ils rendent nos institutions plus honnêtes et plus fortes.

Le conseil d'administration de l'UQO devrait se féliciter d'avoir une membre telle que Louise Briand.

L'auteur, Paul Leduc Browne, est professeur à l'Université du Québec en Outaouais.




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