Comme un sentiment de menace...

Le drapeau franco-ontarien... (Etienne Ranger, Archives Le Droit)

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Le drapeau franco-ontarien

Etienne Ranger, Archives Le Droit

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Fier Franco-Ontarien, j'ai récemment essayé de voir où et comment je pourrais m'impliquer dans la communauté francophone. J'ai découvert un milieu nostalgique pour une francophonie d'une autre époque et qui manque d'ambition pour poser les bases solides d'une croissance durable de nos communautés francophones.

Les institutions franco-ontariennes sont nombreuses mais peinent souvent à survivre. Elles sont largement dépendantes de financement public. Si longtemps concentré sur la défense du français - protection des droits et institutions - dans son ensemble, le mouvement franco-ontarien n'est pas structuré pour bâtir la société francophone résiliente et autosuffisante qui pourrait réaliser le rêve d'un progrès continu de la place du français dans la province.

Il est temps pour nos leaders franco-ontariens d'être aussi critiques d'eux-mêmes, de leurs priorités et de leur secteur, qu'ils ne le sont face aux menaces au français en Ontario.

Commençons par l'identité franco-ontarienne. Une réputation d'exclusivité au service des francophones « de souche » plane sur toutes les facettes du mouvement franco-ontarien. Selon le recensement de 2011, 18 % de la population franco-ontarienne serait issue de l'immigration. Mais on aurait du mal à le constater lors des rencontres de plusieurs institutions franco-ontariennes, ou dans la composition de leurs conseils d'administration. S'ajoutent aussi les plaintes récurrentes des minorités culturelles qui affirment se sentir exclues de l'identité franco-ontarienne.

Face à une diminution continue de la population francophone relative aux anglophones et allophones, l'image exclusive de la « franco-ontarienneté » renforce l'isolation des Franco-Ontariens dits « de souche » tout en privant cette communauté d'une source importante de croissance.

Dans un sens inverse, le milieu franco-ontarien semble mis en péril par une trop grande diversité au niveau institutionnel. Il existe des associations franco-ontariennes à toutes les sauces ; pour les étudiants, les enseignants, les immigrants, les retraités, et bien d'autres encore. Toutes ont dans leur mandat la promotion du français et chacune a des origines nobles. Mais plusieurs d'entre elles ont aujourd'hui du mal à s'autofinancer. On peut citer l'ACFO Ottawa et la Fondation franco-ontarienne comme exemple.

Même si chaque organisation offre une spécialisation des compétences, prises ensemble leur nombre ne peut être maintenu par notre communauté. Combien de galas et de tournois de golf les Franco-ontariens peuvent-ils financer ? Beaucoup de leaders de ces associations passent autant de temps à chercher le financement qui les aidera à garder les portes ouvertes qu'à la poursuite de leur mandat. En mode de survie, il n'est pas possible de bâtir pour l'avenir.

Pire encore, avec cette multitude d'acteurs, personne n'a de mandat fort pour représenter les Franco-Ontariens.

Nos institutions doivent se refondre, pour mieux représenter les intérêts de toutes nos communautés francophones. Certaines devront disparaître ou se fusionner. Toutes doivent aussi s'assurer que leur mandat et leurs activités sont à la mesure des besoins de ceux qui veulent y faire appel et qu'elles sont conçues de manière à assurer une viabilité financière au long terme. Le MIFO offre d'importantes leçons à cet égard pour ceux qui prendront le temps de se pencher sur leur succès.

Ces changements peuvent venir d'une volonté proactive et visionnaire de nos leaders, ou bien ils se feront sous la menace de l'insolvabilité financière.

L'auteur, Nicolas Moyer, était candidat à l'investiture libérale fédérale dans Ottawa-Vanier en 2017.




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