Le silence sur le statut de cammionneur

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Il est désolant, aujourd'hui, de voir que plus de 8000 signataires et autant d'appuyeurs, que plus de 310 milliards de transactions, à la grandeur du Canada, que plus de 300,000 emplois directs et indirects de notre économie, ne méritent même pas un début de réponse de la part du ministre fédéral des Transports, Marc Garneau.

Une pétition électronique a bel et bien été déposée en avril dernier. Elle ne demandait pas de subventions ou d'accommodements déraisonnables. Tout ce qui y était demandé tourne autour de la reconnaissance du métier de camionneur.

Plusieurs pensent que le transport relève des différentes provinces. Mais selon la Constitution, tout ce qui concerne le transport est de juridiction fédérale. D'où l'adresse faite au ministre responsable.

Depuis plusieurs années, de très nombreux irritants ont été balayés sous le tapis. La formation n'est pas la même d'un bout à l'autre du Canada, ni la règlementation, ni les codes de sécurité routière, etc. Si le fédéral osait ne serait-ce que former un comité d'étude sur ces disparités, je crois que plusieurs des participants y deviendraient chauves en un rien de temps à force de se creuser la tête à tenter d'harmoniser les disparités...

De plus, les immigrants et les anciens militaires sont, selon moi, carrément victimes de discrimination. En effet, les nouveaux arrivants, dans certaines provinces, obtiennent leur permis simplement en présentant le droit de circuler de leurs pays d'origine, tandis que d'autres doivent ou suivre une formation -- qui n'est pas uniforme, ne l'oubliez pas -- ou une batterie d'examens pour prouver leur savoir-faire. Il en va de même pour les anciens militaires dont certains ont conduit des camions de soldats d'un océan à l'autre pendant tout leur service militaire...

Et nous n'avons pas encore discuté des conditions de travail! Là c'est carrément le bordel...

Les chauffeurs et propriétaires-exploitants relèvent du provincial, ou du fédéral, et même parfois du municipal. Lorsque vient le temps d'un congé férié, ou d'heures de travail en temps supplémentaires, tout le monde va s'envoyer la balle pour dire qu'il n'est pas responsable et en bout de ligne, personne ne le sera ou presque. Bonne chance lors d'un accident de travail ou d'une maladie industrielle. Vous savez, cette chose à laquelle tout travailleur a droit mais que nous, nous cherchons plus souvent qu'autrement quel article dans quelle loi se rattache à nous? Avons-nous un droit de refus? Qui porte le fardeau de la preuve? Où dois-je m'adresser? Etc.

Vous allez me répondre qu'au Québec tout le monde est couvert par la CNESST, l'ancienne CSST: pas vrai! Venez travaillez avec nous pendant quelques années et essayez d'exercer un droit de refus pour un objet pesant plus de 75 kg et vous m'en direz des nouvelles!

Oui il y a de bonnes compagnies, de bons patrons mais ils ne sont pas légion. Tout comme il y a de mauvais chauffeurs. Eux non plus ne sont pas légion. Tout comme les patrons, nous avons notre 5 à 15 % de délinquants. Mais de solides délinquants nuisent tellement à l'industrie!

Le malaise, par manque de cette reconnaissance, est tellement profond que bientôt les camionneurs et camionneuses eux-mêmes se retireront du marché car « l'écoeurantite aigüe » est rendue trop loin. Au point tel que les compagnies envisagent une pénurie majeure de personnel.

Il aurait pourtant été d'une simplicité extraordinaire de la part du ministre Marc Garneau de répondre favorablement à la pétition e-513, concernant la reconnaissance du métier de camionneur...

Suzan Sidwell, Trois-Rivières




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