La dyslexie, un trouble mental ?

Louise Ward et son Centre canadien de dyslexie... (Courtoisie)

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Louise Ward et son Centre canadien de dyslexie se retrouvent au milieu d'une procédure juridique pour pratique illégale de la psychologie.

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Le Droit

OPINION/ Louise Ward et son Centre canadien de dyslexie se retrouvent au milieu d'une procédure juridique pour pratique illégale de la psychologie (« La dyslexie au coeur d'un procès », Le Droit, 26 avril). Mon mari et moi serons cependant éternellement reconnaissants qu'elle ait pu aider à dépister une dyslexie visuelle chez notre fille.

C'est sur sa recommandation que nous avons ensuite vu à obtenir le diagnostic d'un neuropsychologue qui a effectivement confirmé la forme de dyslexie en question.

Mme Ward nous a fourni de précieux outils, en commençant par de l'information utile sur les différentes formes de dyslexie, des astuces à prendre et des outils pour aider notre fille à mieux gérer sa dyslexie. Comme, par exemple, imprimer les devoirs et examens sur du papier couleur plutôt que blanc pour éviter un trop grand contraste à effet stroboscopique, et utiliser de plus gros caractères. Mme Ward avait aussi recommandé d'acheter un verre teinté mauve pour lui procurer des lunettes afin de l'aider à lire. La première fois qu'elle les a portées, notre fille s'est exclamée : « Wow, les mots ne dansent plus sur la page ! » Ça en dit long...

Au primaire, on nous avait signalé un problème en français. Notre fille aimait beaucoup lire et nous avons sollicité l'aide d'un tuteur et suivi les devoirs de plus près. Au CÉGEP, un professeur lui a dit qu'elle avait écrit la meilleure dissertation et analyse littéraire, mais qu'elle devait l'échouer vu le trop grand nombre d'erreurs d'orthographe. Il n'y avait donc pas de problème vocabulaire, de style, de structure de la pensée, ni d'analyse, mais bien un problème d'orthographe.

Ce n'est qu'après deux échecs de son examen de français du ministère, que nous avons dû ressortir le rapport du neuropsychologue et demander des accommodements au ministère de l'Éducation lors d'examens. Une demande faite en septembre... répondue en mai suivant. Nous savons que la situation s'est améliorée depuis.

Elle aurait pu se décourager maintes fois, mais elle a persévéré et réussi. Aujourd'hui, elle détient un doctorat. À l'idée que la dyslexie est un trouble mental, elle rétorque que non, elle voit juste les choses autrement. Justement, son cerveau fonctionne différemment des autres. Dans son cas, visualiser les objets en 3D dans sa tête constitue un atout dans son domaine. Et elle continue d'écrire avec des fautes. Puis après ? Rien comme le logiciel Antidote pour se corriger au besoin.

Combien de jeunes se découragent et perdent confiance, faute de dépistage en bas âge ? Louise Ward en a réchappé plusieurs et s'est dévouée à sensibiliser les gens que la dyslexie n'a rien à voir avec l'intelligence, qu'il ne s'agit pas d'un trouble mental, mais bien d'une façon différente du cerveau de fonctionner et de traiter l'information. Bravo !

Les universités ont mis sur pied des mécanismes d'aide mais il faut d'abord que les dyslexiques s'y rendent. Plutôt que d'investiguer en catimini, j'invite l'Ordre des psychologues du Québec à aider les niveaux primaire et secondaire à mieux dépister la dyslexie, sensibiliser la population à mieux reconnaître les signes, à fournir tout le soutien nécessaire aux jeunes et à leurs parents avant qu'ils ne décrochent.

Louise Laperrière, Cantley




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