Trudeau accélère la dégringolade

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Justin Trudeau

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On serait porté à croire que les actions du premier ministre Justin Trudeau, bourré d'expérience politique, élevé dans un contexte hautement politisé, avec un papa sous la loupe des médias 24 h sur 24, seraient imprégnées de bon jugement, surtout en 2017, dans un contexte encore plus médiatisé que celui de son père.

Pas du tout. On connaît ses vacances désastreuses chez l'Aga Khan, ses petits dîners « payants » avec des capitaines de l'industrie, généreux contributeurs à sa caisse électorale, et j'en passe. Maintenant, c'est son ministre de la Défense qu'il défend tous azimuts, sachant fort bien que Harjit Singh Sajjan devra bientôt démissionner ou sera congédié. Je digresse. Passons au sujet du jour.

Contre toute attente, Trudeau a nommé Stéphane Dion ambassadeur à Berlin et Ambassadeur auprès de la Communauté européenne. Geste sans doute inspiré d'un tantinet de chantage de la part de Dion afin de ne pas provoquer la zizanie au sein du cabinet. Geste que personne, surtout chez les agents de carrière, ne comprend. C'est absurde. 

L'Allemagne fait partie des cinq plus importants pays au monde. Et parlons de la Communauté européenne avec qui le Canada vient de signer un accord commercial, peut-être plus important encore que l'ALÉNA. Si j'étais Allemand, je serais insulté. Et si j'étais la Communauté européenne, doublement insulté. 

En un seul coup, Trudeau a provoqué la stupeur chez deux représentations des plus importantes. Notre premier ministre aurait dû savoir que le fardeau de travail de Dion, voire la représentation auprès des deux, est impossible, quasi inhumain. Et parlons des voyages, du va-et-vient entre Berlin, Bruxelles et, j'allais oublier, le Luxembourg et Strasbourg. Avion, train, voiture, hôtels. À quel prix ? Pauvre contribuable.

La Commission européenne, en refusant à Stéphane Dion le titre d'ambassadeur, a signifié d'une façon « sauver-la-face » son refus d'accepter les lettres de créance de Dion en tant qu'ambassadeur. Le titre attribué par la Commission européenne, celui d'«envoyé spécial», est franchement humiliant. 

Tout ça sans input de ceux et celles qui comprennent la situation (nos agents du ministère des Affaires globales - quel titre ronfleur, « globales ») ! Justin Trudeau suit fidèlement la trace de son père qui a provoqué la dégringolade du ministère de Lester B. Pearson en désignant comme conseiller aux Affaires extérieures l'éminence grise Ivan Head. Quarante-cinq ans plus tard, la glissade Head continue, avec un ministère des Affaires globales rarement consulté. Triste.

Jacques Dufault, Orléans




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