Brexit: le goût du large

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Les pays membres de l'Union européenne devaient fixer, au plus tard samedi dernier, les orientations pour un retrait en bon ordre de la Grande-Bretagne.

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Le 29 mars dernier, la Grande-Bretagne a confirmé l'intention de se retirer de l'Union européenne, un peu moins de 45 ans après son admission en 1973.

La première ministre Theresa May a signifié l'intention de son pays dans une lettre de six pages, adressée aux chefs d'États de l'UE. C'est ce que l'on a appelé le Brexit.

Les 27 autres pays membres de l'Union européenne devaient fixer, au plus tard samedi dernier, les orientations pour un retrait en bon ordre de la Grande-Bretagne. Ils donneront par là leurs directives générales aux négociateurs de l'UE. 

Il est prévu que le pays membre qui a signifié son intention de quitter l'UE ne participe pas aux réunions des 27, qui porteraient sur les orientations de ces négociations.

De plus, la Grande-Bretagne demeurera membre de l'UE et pourra continuer de jouir des avantages et obligations des pays membres de l'Union jusqu'à sa sortie officielle, mais elle ne pourra pas négocier d'entente bilatérale avec des pays hors de l'Union européenne. 

Par contre, les députés britanniques au Parlement européen pourront voter éventuellement sur les termes de l'accord intervenu à la suite de ces négociations.

On voit bien qu'assez peu d'éléments étaient connus avant le référendum du 10 juin 2016 qui a amené 17,4 millions d'électeurs britanniques à voter pour un retrait de leur pays de l'Union européenne et 16,1 millions, à voter pour son maintien. 

Nous apprenons aussi que les négociateurs européens auraient évalué les engagements à long terme que les Britanniques auraient contractés dans le cadre des institutions européennes ne disparaissent pas à la sortie, et s'élèvent à près de 100 milliards $.

Par ailleurs, la Grande-Bretagne n'ayant pas adopté l'euro, sa sortie de l'UE ne devrait pas influencer directement la stabilité de la zone euro.

Nous rappellerons dans ce contexte qu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, six pays européens, ravagés par les conflits, partageant la paix retrouvée et déterminés rebâtir leur économie ont décidé de former, d'abord une Communauté du charbon et de l'acier (la CECA), en 1952 et ensuite la Communauté économique européenne, la CEE dans le cadre du traité de Rome en 1957.

Ces six pays, l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas, constituent toujours le socle ferme de l'Union européenne. On note aussi que l'Union européenne a reçu le prix Nobel de la Paix en décembre 2012, 55 ans après le traité de Rome.

Ce prix Nobel reconnaissait que l'UE avait contribué « à muer l'Europe d'un continent de guerre vers un continent de paix. »

Parmi les défis engendrés par ce Brexit, il faut compter la détermination de la première ministre de l'Écosse de tenir, d'ici deux ans, un référendum pour inviter les Écossais à exprimer leur détermination à continuer d'appartenir à l'Union européenne.

D'autre part, le gouvernement de Dublin pourrait s'inquiéter de ce que les échanges avec l'Irlande du Nord en arrivent à se détériorer.

L'Espagne, de son côté exprime ses inquiétudes à l'idée que de nouvelles barrières tarifaires et autres viennent à rendre plus difficiles les échanges avec Gibraltar.

Demeurons attentifs à ces négociations et aux spéculations qu'elles engendrent autant qu'aux tentatives des spécialistes d'évaluer s'il était sage pour les Britanniques de franchir ce point de non-retour que représente la confirmation de leur désir de quitter l'Union européenne.

L'auteur, Georges Paquet, est un ancien diplomate canadien basé à Ottawa.




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