Questions sur le compost gatinois

Le 11 avril dernier, les élus de Gatineau ont décidé d'abolir la distribution... (Photothèque La Presse)

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Le 11 avril dernier, les élus de Gatineau ont décidé d'abolir la distribution gratuite du compost aux citoyens. Je trouve cette décision déplorable.

Voici les arguments avancés par la Ville de Gatineau et mes contre-arguments pour chacun.

1. 20 % des gens qui s'inscrivaient pour la distribution du compost n'allaient pas le chercher.

Effectivement, une certaine proportion de gens ne se présentait pas... Pourquoi ? Nous ne le savons pas. Pourrait-on en améliorer la distribution ? Pourquoi doit-on réserver ? Pourquoi ne pas permettre aux gens d'en ramasser plus à la fois ? Pourquoi ne pas permettre aux jardins communautaires d'aller ramasser ce qui reste là la fin de la journée de distribution ?

À noter que la distribution de compost a toujours affiché complet. On aurait pu élargir le nombre de sacs disponibles par citoyen pour compenser le taux de gens qui ne se présentaient pas.

2. Les jardins collectifs peuvent produire eux-mêmes leur propre compost.

Je fais partie d'un jardin collectif qui permet à 35 familles de s'alimenter en légumes tout l'été. Trente familles se rendent chercher le compost gratuit pour alimenter le jardin. De plus, on s'est associé avec un fermier local pour aller chercher pas moins de 10 mètres cubes de fumier gratuitement et on produit aussi notre propre compost sur place. Mais ça ne suffit pas et si nous pouvions prendre 10 fois plus de compost gratuit de la ville, on le ferait tellement le besoin est grand !

3. Le déplacement du compost jusqu'aux quatre sites de distribution crée des gaz à effet de serre.

Cela n'est pas démontré par la Ville de Gatineau. A-t-on pensé quelle sera la production de GES si toutes les personnes qui en bénéficiaient prennent désormais chacune leur voiture pour acheter du compost qui aura traversé la moitié du Québec pour se rendre jusqu'au consommateur ? Qu'un camion fasse 100 km pour nous distribuer le compost me semble bien moins nocif.

Aucune autre ville du Québec n'a aboli la distribution gratuite de compost. Parmi plus de 100 villes que j'ai révisé, je cite comme exemple :

  • Lévis : compost gratuit de mai à octobre, 3 fois par semaine ;
  • St-Bruno: paille et compost gratuits tous les jours pour la paille et deux fois l'an pour le compost ;
  • Drummonville : compost gratuit et sacs pour usage domestique gratuits, deux fois par an ;
  • Laval : compost vendu 2 $ le sac, maximum de 15 sacs par famille.
4. La Ville de Gatineau veut réduire ses dépenses.

Priver les gens de ce service pour 19 000 $ sur un budget annuel total de plus de 500 millions $ n'a pas de sens. Mais dans le pire des cas, pourquoi ne pas demander aux gens s'ils veulent payer quelques dollars par sac comme à Laval ? Le coût actuel pour la Ville de Gatineau est de 12 $ par sac ; ce coût pourrait être partagé avec un concept utilisateur-payeur.

Plus j'entends les arguments de la Ville de Gatineau, plus je trouve que leur raisonnement manque de rigueur. Une déception.

Audrey Bureau, Gatineau




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