Greyhound manque de respect envers les francophones

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La compagnie de transport Greyhound manque de respect à l'endroit de ses clients francophones.

Depuis des décennies, je voyage régulièrement en autocar entre Ottawa et Montréal. Je n'ai aucun grief à l'égard des chauffeurs ou des préposés à la billetterie, qui me servent la plupart du temps en français.

Toutefois, comme il est plus rapide et économique d'acheter mes titres de transport en ligne, j'utilise depuis plusieurs années le site Web prétendument bilingue de Greyhound et j'éprouve chaque fois une immense frustration. Frustration dont j'ai d'ailleurs poliment fait part par téléphone, à quelques reprises, aux préposés dont j'avais dû demander l'aide quand le volet français du site ne me permettait pas de conclure ma transaction. 

Devant la vanité de mes efforts, je me suis tournée vers le Commissariat aux langues officielles, pour apprendre que ce dossier n'est pas de son ressort. Dans une réponse courtoise et fouillée, un agent m'a cependant fourni un numéro de téléphone. Deux messages sur répondeur plus tard, j'attends toujours qu'on me rappelle. J'avoue que j'ai cessé de compter les mois... Mais j'ai récemment utilisé votre site, et ma frustration est revenue tout entière. Voici pourquoi.

Un usager qui utilise le volet français du site Web de Greyhound a la désagréable surprise de voir sa langue massacrée sur presque toutes les pages. 

Sur les onglets de navigation, les accents manquent ou sont complètement farfelus. Les majuscules surabondent. Les signes de ponctuation suivent l'usage anglais. D'ailleurs, les anglicismes lexicaux et syntaxiques pullulent. Quelques exemples, en vrac :

«Depart / Qualitè supèrieure / 24 Heure sur 24 Du Lundi au Vendredi / Courier Express / Localisateur de Station/ ITINÉRAIRES SPECIÀUX / Notre Parc de Véhicules / Biographies de Cadres / Salle de Presse»

Mais le comble, c'est qu'on a besoin de comprendre l'espagnol pour réserver ! Heureusement que j'ai quelques notions de cette langue car, dans la case qui permet de sélectionner la plage horaire de mon « depart », là où l'anglais affiche le mot ANY, j'ai droit à «Cualquier». Cela ne s'invente pas.

Sur une page secondaire, on trouve ce petit bijou:

«Adheérer à HI-Canada c'est etre membre de la plus grande association mondiale de voyageurs - des gens comme vous: curieux, aventureux, ouverts d'esprit, et voyageant à peu de frais. Votre carte de membre vous donne accés à plus de 60 auberges canadiennes HI et vous fait épargner 4$ par nuite. Votre carte de membre est valide à travers le monde, vous obtenez donc aussi des tarifs membres dans plus de 4000 auberges HI (passage manquant?) à propos de Hostelling International est qu'on fait partie de la communauté de voyageurs qui sait qu'expérimenter le monde c'est faire la connaissance des gens, et pas seulement de voir des chambres d'hostels.»

Je suis lasse et irritée de voir la présence et la qualité de ma langue maternelle - l'une des deux langues officielles de ce pays, je me permets de le rappeler - péricliter à tous les paliers de services publics et privés. 

Dans notre capitale fédérale non bilingue, je n'ai pas le choix de boycotter Greyhound, car il n'existe hélas aucune compagnie concurrente.

Du respect, que diable, il est grand temps!

L'auteure, Anne-Marie Demers, est traductrice agréée.




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