Un lien unique entre Vimy et Ottawa

Pendant la bataille de la Crête-de-Vimy, le 29e... (Bibliothèque et Archives Canada)

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Pendant la bataille de la Crête-de-Vimy, le 29e Bataillon d'infanterie avance sur le « no man's land » malgré les barbelés allemands et le feu nourri des tireurs.

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Une commémoration internationale prendra place le 9 avril afin de rendre hommage au 100e anniversaire de la prise de la Crête-de-Vimy, communément affublée du sobriquet dantesque de « butte de la mort ».

Ce bourg du Pas-de-Calais, en France, accueillera d'éminentes personnalités dont le prince Charles et ses fils William et Harry. Sur place, plus de 25 000 personnes rendront un hommage d'une grande solennité à la mémoire des 66 000 soldats des forces expéditionnaires canadiennes tués pendant la Première Guerre mondiale, ainsi que ceux qui ont servi avec bravoure en avril 1917. J'aurai l'honneur infini d'y assister.

Mon arrière-grand-père, feu Paul Métivier, était l'un de ces valeureux ainsi que l'un des derniers vétérans de la Première Guerre mondiale à avoir survécu.

Il y a 20 ans, après avoir lui-même perdu l'un de ses fils durant la Seconde Guerre mondiale, il s'est rendu à Vimy et participa à une cérémonie commémorative de l'Armistice au cours de laquelle l'ancien président de la France, Jacques Chirac, lui décerna la médaille du Chevalier de la Légion d'honneur. À son retour à Ottawa, là où il vécut la majorité de sa vie, le ministre des Anciens Combattants lui remit un certificat signé par Sa Majesté la reine Elizabeth, en reconnaissance à son active participation aux activités commémoratives. Il reçut aussi la Mention élogieuse du ministre des Anciens Combattants, en plus d'être le fier récipiendaire de la Médaille du jubilé de la Reine. 

Les médias raffolaient de son intelligence, de son humour et de son humilité. Il représentait avec vaillance les anciens combattants, et même avec ses problèmes de santé, mon grand-père a insisté pour participer en tant qu'invité d'honneur à la cérémonie de rapatriement du Soldat inconnu en l'an 2000 en France. Même si ses cinq sens le trahissaient de plus en plus avec l'âge, il n'a jamais cessé de représenter et de servir son pays, avant de s'éteindre à l'âge de 104 ans. C'est en son honneur que l'on retrouve désormais une rue éponyme aménagée dans le lotissement de Chapman Mills, au sud de Nepean à Ottawa.

Né le 6 juillet 1900, mon arrière-grand-père n'avait pas froid aux yeux. Prenez par exemple le fait qu'il ait menti aux autorités à l'époque, afin de s'enrôler en tant que canonnier dans l'armée canadienne : il n'avait que 16 ans, alors que l'âge minimum à l'époque était de 19 ans. Au final, il servit en Belgique et en France du 12 juin 1917 au 18 mai 1918 avant que sa mère ne réclame son retour au bercail.

Le 9 avril prochain, je rendrai gloire aux sacrifices et à la mémoire de mon grand-père ainsi qu'à celles des 66 000 Canadiens tués lors de la bataille victorieuse de Vimy, considérée par plusieurs comme l'acte fondateur de notre nation. 

Après une incursion - que j'imagine troublante - dans les tunnels et tranchées, je me poserai au socle de l'imposant Mémorial national du Canada. C'est là où je me jurerai de ne jamais oublier ce que représente cette leçon de mémoire exemplaire pour ma génération, aujourd'hui plus que jamais.

Christine Élizabeth Laprade, Gatineau




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