La carte-soleil, toujours vue avec suspicion au Canada

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Malgré son beau discours du 10 mars dernier, la ministre fédérale de la Santé, Dre Jane Philpott, a annoncé que le Québec, ainsi que l'Alberta et l'Ontario, avait plus ou moins accepté l'entente originale, laissant la province du Manitoba faire cavalier seul.

Le premier ministre du Québec Philippe Couillard a félicité Ottawa pour avoir reconnu le caractère « distinct » de sa province et accepté le « principe d'asymétrie » afin que le Québec puisse utiliser les transferts en matière de santé qu'il juge utiles pendant 10 ans, continuant ainsi à ignorer les critères de transférabilité complète de la Loi canadienne sur la santé.

Les Québécois qui font appel à des services médicaux hors provinces sont souvent confrontés à un médecin qui refuse d'accepter la carte d'assurance-maladie du Québec. Une facture leur est attribuée directement, puis ils ne sont remboursés que partiellement. Les personnes qui quittent le Québec pour s'établir en permanence dans une autre province sont « couvertes » pendant les trois premiers mois par l'assurance du Québec. Si elles doivent consulter un médecin pour des tests de diagnostic et le renouvellement de médicaments sur ordonnance, entre autres, elles doivent débourser les frais jusqu'à ce que leur nouvelle assurance provinciale entre en vigueur.

Les politiciens fédéraux et provinciaux ont ignoré ce problème depuis le milieu des années 1980 parce qu'ils ne sont pas touchés personnellement.

L'assurance-voyage privée complémentaire n'est pas la solution, car la plupart des polices ne couvrent pas les services hospitaliers et ceux du médecin au Canada, mais seulement d'autres avantages complémentaires. De plus, la majorité des polices ne couvre pas un patient présentant un trouble médical « instable », dont le diabète et les maladies cardiaques.

Il est paradoxal de constater qu'Ottawa dépense 500 millions $ pour le 150e anniversaire de la Confédération mais ne peut trouver, après toutes ces années, quelques millions de dollars supplémentaires pour rendre les soins médicaux au Canada absolument transférables pour les Québécois qui voyagent dans d'autres provinces et pour tous les Canadiens qui visiteraient le Québec. 

La santé est de compétence provinciale. Mais de quelle province ? Celle du patient ou celle du médecin traitant ? À l'heure actuelle, les Québécois sont laissés pour compte. Il convient donc que le gouvernement fédéral intervienne.

Le Québec a refusé de signer une entente interprovinciale en matière de soins médicaux. La solution évidente serait qu'Ottawa paie tous les médecins du Canada directement pour les soins prodigués à un patient hors de sa province. Des précédents existent à cet effet : les prisonniers fédéraux, les nouveaux réfugiés et, jusqu'à récemment, les membres de la GRC.

En ce qui concerne les provinces qui ne sont toujours pas satisfaites d'être obligées d'accepter moins que le facteur de progression annuelle de 6 % original des paiements de transfert fédéraux dans le domaine de la santé, le règlement des soins médicaux obtenus à l'extérieur de la province par Ottawa serait considéré comme un pas dans la bonne direction.

En cette année du 150e anniversaire de notre nation, nous encourageons tous les Canadiens à visiter les différentes régions. Les personnes ayant une affection préexistante ne devraient pas être dissuadées de voyager par peur de nécessiter des soins médicaux hors de leur province. Cette solution entraînerait également des retombées économiques favorables pour le Québec et le reste du Canada.

L'auteur, Charles S. Shaver, MD, est président de la section de médecine interne générale de l'Association médicale de l'Ontario.




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