Cinquante ans de théâtre professionnel franco-ontarien

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Le Hullois Guy Mignault, ancien directeur artistique du Théâtre français de Toronto

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À l'occasion de la Journée mondiale du théâtre qu'on célèbre aujourd'hui, il est opportun de souligner les 50 ans du premier théâtre professionnel en Ontario français. Ce n'est pas à Ottawa ni à Sudbury qu'il a vu le jour, mais plutôt dans la Ville Reine. Le printemps 2017 marque le cinquantenaire du Théâtre du P'tit Bonheur, devenu en 1987 le Théâtre français de Toronto (TFT). Sa création était reliée aux festivités du centième anniversaire de la Confédération canadienne en 1967.

La Fédération des femmes canadiennes-françaises avait alors invité chacune de ses sections à tenir une activité spéciale pour souligner cet anniversaire. La section de la paroisse Sacré-Coeur, à Toronto, a décidé de présenter Le P'tit Bonheur de Félix Leclerc. L'activité devait être ponctuelle, mais la section d'Oshawa a souhaité que le spectacle soit aussi présenté dans sa paroisse. Ainsi est né le Théâtre du P'tit Bonheur.

Au début, on ne présentait qu'une pièce par année avec peu de moyens. Puis les gouvernements provincial et fédéral ont appuyé la nouvelle compagnie, tant et si bien qu'en 1971-1972 on offre une saison de sept productions, dont une dans neuf parcs de Toronto durant la saison estivale. John Van Burek a été le premier directeur artistique à plein temps (1971-1974 et 1980-1991).

Dans Cinquante ans de « p'tits bonheurs » au Théâtre français de Toronto (Éditions du GREF, 2016), je souligne comment Molière et Michel Tremblay ont été les deux chouchous de la compagnie. Leurs pièces ont été présentées respectivement 27 et 21 fois. Jean Barbeau a été joué sept fois, Jean Marc Dalpé quatre fois, Antonine Maillet et Évelyne de la Chenelière trois fois.

Si on inclut aussi les soirées musicales, monologue (Sol) et spectacle de mime (Gaulin), le TFT a 294 productions à son actif en cinquante ans. Cela va du répertoire français aux créations québécoises et franco-ontariennes, en passant par des traductions de textes américains, anglais ou russes, entre autres. Il y a même eu des productions belges.

Le TFT a su garder et accroître son public grâce à deux décisions du directeur artistique Guy Mignault (1997-2016), originaire de Hull. Comme il y a plusieurs couples exogames et amateurs de théâtre francophiles dans la Ville Reine, le TFT commence à offrir des surtitres anglais pour les principales pièces à partir de 2005. La même année, Toronto participe au concours Les Zurbains du Théâtre Le Clou (Montréal) qui encourage les adolescents à écrire une pièce qui sera jouée par des professionnels. Depuis 2012, le concours Les Zinspirés joue ce rôle dans le sud de l'Ontario.

Plusieurs employés du poste CJBC de la Société Radio-Canada à Toronto ont contribué au développement du TFT, comme dramaturges, comédiens ou régisseur. La compagnie a décroché de nombreux prix, distinctions et honneurs au fils des ans, notamment un Masque de la production franco-canadienne, deux Prix Dora Mavor Moore, treize Prix Rideau et deux Prix Réseau Ontario.

Comme le TFT demeure un point de rencontre pour les Franco-Ontariens de souche, les Québécois, les Européens ainsi que les francophones et francophiles, Guy Mignault aimait bien dire que « faire du théâtre en français pendant cinquante ans constitue tout un exploit et que faire du théâtre en français à Toronto pendant aussi longtemps mérite une médaille ! » Il avait bien raison. Si un organisme pouvait recevoir l'Ordre de la Pléiade, l'Ordre de l'Ontario ou l'Ordre du Canada, le Théâtre français de Toronto figurerait en tête de liste.

L'auteur, Paul-François Sylvestre, est écrivain établi à Toronto




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