Le calvaire des Soeurs du Sacré-Coeur de Jésus

Qu'est-il devenu de nos religieuses du couvent Sacré-Coeur de Jésus à Ottawa?... (Archives, Le Droit)

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Qu'est-il devenu de nos religieuses du couvent Sacré-Coeur de Jésus à Ottawa? Celles qui se sont dévouées à l'enseignement où plusieurs d'entre elles les ont aussi amené dans le Grand-nord canadien, le Cameroun-Tchad, le Pérou, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Honduras?

La persécution religieuse en France, au tournant du XXe siècle, les a obligées à chercher d'autres horizons. À la demande des Pères Oblats de Marie Immaculée du Canada, cinq religieuses sont arrivées à Ottawa en 1902. 

Au fil de l'histoire, outre le service dans les institutions qu'elles ont conservé plusieurs années et l'éducation qui est le principal lieu de mission, les soeurs s'investissent aussi dans le domaine de la santé, de la pastorale et du social. 

Elles ont toujours été accueillantes, le coeur plein de compassion.

Aujourd'hui encore, on les retrouve dans l'aide aux pauvres et aux nouveaux arrivants ainsi que dans l'accompagnement psychologique et spirituel des personnes. Même à l'âge de la retraite, elles ont toujours le coeur largement ouvert aux besoins des différents milieux.

Mais où sont-elles maintenant?

Le couvent et son terrain de 3,5 acres sur la rue Main ont été vendus 32 millions $; lorsque le projet de condos haut de gamme sera terminé, sa valeur atteindrait 300 millions $.

En 2014, l'acheteur, Domicile Developments, a promis aux religieuses qu'elles pouvaient demeurer dans leur couvent jusqu'à ce que la dernière des religieuses quitte - au moins 5 à 10 ans. Il ne restait qu'une quarantaine de religieuses encore en bonne santé et une trentaine qui avait besoin d'assistance médicale. 

Malheureusement, après la vente et l'inspection des lieux, Domicile leur a dit que le bâtiment ne respectait pas les normes de sécurité en cas d'incendie et que le coût serait trop élevé pour faire les aménagements demandés. C'est à se demander si le nouveau propriétaire ne savait pas déjà que c'était le cas...

Alors - que faire d'elles?

En avril 2016, lors de l'ouverture officielle du bicentenaire de la fondation des Soeurs du Sacré-Coeur de Jésus, les religieuses les plus malades ont reçu la triste nouvelle qu'elles devaient quitter les lieux. 

Elles ont déménagé à Saint-Isodore en décembre 2016. Les autres attendent encore la date de leur déménagement. 

Elles n'iraient pas rejoindre leurs soeurs à St-Isidore mais s'installeraient dans un nouveau bâtiment à Casselman en 2018-19. Pourquoi pas ensemble?

Je leur ai rendu visite à Saint-Isidore, population 751. Quel choc.

Ces religieuses sont logées au Manoir Caledonia, à une heure de trajet du couvent à Ottawa. Celles qui demeurent encore au couvent et qui veulent rendre visite à leurs collègues à Saint-Isidore ne sont pas très jeunes et cela semble si loin pour venir voir leurs amies. Le Manoir est un établissement d'un étage qui contient 48 unités pour personnes retraitées. Les chambres sont très petites et elles doivent partager la salle d'eau. Je ne suis pas certaine s'il existe un système de climatisation.

Les personnes âgées déjà en résidence (hommes et femmes) ne sont pas autonomes. On les voit, perdus, parcourir les couloirs, s'arrêtant ici et là pour parler avec quiconque. Les religieuses doivent s'entremêler à eux et n'osent jamais se plaindre. 

Il ne semble pas avoir une petite chapelle ou un lieu de prière, ni salle privée où accueillir leurs visiteurs ou simplement faire un casse-tête ou lire un livre. Il existe une salle... plutôt à débarras. De plus, il n'est pas permis d'avoir un téléphone privé dans la chambre - comme au couvent. Je lève mon chapeau à tous ceux et celles qui travaillent dans ce milieu - ils/elles semblent faire de leur mieux pour ces personnes.

Ces soeurs ont tout donné d'elles mêmes. Elles méritent bien une meilleure retraite. Hé oui, on les apprécie pour leur simplicité, leur discrétion et leur courage. Elles ont fait le voeu de pauvreté et jamais elles ne diront un mot. Et voilà qu'on les met dans une résidence, loin de leur communauté.

Avec ces 32 millions $, ne serait-il pas possible que ces religieuses terminent leurs vies ensemble plutôt qu'éloignées les unes des autres? Pourquoi n'est-il pas possible de les aménager dans une nouvelle résidence avec tous les soins possibles? Elles le méritent bien!

Lise Perreault, Ottawa




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