La sobriété, un cadeau inestimable

Le temps des Fêtes est un moment redoutable pour un alcoolique. Il multiplie... (123RF)

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Le temps des Fêtes est un moment redoutable pour un alcoolique. Il multiplie chez lui les occasions et les raisons de s'enivrer et, de ce fait, perturbe toutes les fêtes de son entourage.

Une veille de Noël, par exemple, alors que mon fils avait cinq ans, mon épouse et moi, nous étions à moitié saouls à 21 h et incapables de lui offrir ses cadeaux et de goûter au plantureux réveillon que nous avions préparé !

Mon premier Noël avec les Alcooliques anonymes (AA) en 1981, alors que j'étais sobre depuis cinq mois, fut une fête inoubliable. Je n'avais jamais vu autant de gens aussi heureux réunis dans une même pièce. Ces naufragés de l'alcool étaient remontés sur le radeau et ils abordaient maintenant leur nouvelle vie avec une force et une joie étonnantes. Pour ma part, je n'en revenais pas de pouvoir goûter ces simples bonheurs : être mieux habillé, ne pas avoir de remords, déguster un cappuccino en dévorant un roman ou me rappeler où j'avais garé mon auto la veille.

Un geste généreux d'un membre des AA m'avait arraché à l'enfer de l'alcoolisme. Il m'avait offert de m'aider si je voulais cesser de boire. Il était venu me chercher chez moi pour me conduire à ma première réunion avec des Alcooliques anonymes. Il m'avait patiemment initié à leur mode de vie. C'était en juillet 1981 et, depuis lors, j'ai tenu le coup et suis demeuré entièrement sobre.

Un certain soir de cette semaine, ce qui m'est arrivé arrivera peut-être à quelqu'un dans votre quartier. Un alcoolique désespéré demandera l'aide des AA et un membre lui transmettra le message d'espoir.

La fraternité des Alcooliques anonymes a été fondée en 1935 par deux Américains, Bill et Bob. Réussissant à devenir sobre de peine et de misère, Bill avait senti qu'il pourrait probablement inspirer confiance à un autre alcoolique. C'est alors qu'il rencontra le Dr Bob, qui avait atteint le fond du gouffre. Bill lui raconta avec force détails les péripéties triviales et tragiques de son alcoolisme. Ils décidèrent alors d'associer leur commune détresse pour mieux lutter contre elle. Ils avaient trouvé leur première règle d'or : un alcoolique en écoute un autre avec plus de confiance qu'il n'en accorde à quiconque, et celui des deux qui aide son pareil s'aide lui-même dans la même mesure.

Cette notion, encore vague et informe, contenait tout l'avenir, toute l'oeuvre des Alcooliques anonymes.

Bill et Bob jetèrent les bases d'une thérapie fondée sur une rigoureuse honnêteté.

Les débuts des AA furent lents et difficiles. En 1939, les fondateurs des AA n'avaient aimanté qu'une centaine de membres. Mais avec l'honnêteté pour base, le partage comme moyen et la sobriété pour but, les Alcooliques anonymes comptent aujourd'hui plus de 2,1 millions de membres dans quelque 170 pays.

On ne peut imaginer association moins exigeante, plus libre et plus ouverte que celle des AA. Le nouveau membre n'a aucune formule à signer, aucun engagement à prendre, aucune cotisation à payer. Il lui suffit d'entrer dans une réunion et de dire : « Je pense que j'ai besoin d'aide. J'ai le désir sincère de cesser de boire. »

Bill, le cofondateur des AA, aimait raconter ceci : « Je connais un groupe où, chaque semaine, sont assis côte à côte un sénateur, une dame de petite vertu, un prêtre, le président d'une grande banque, un magistrat et un ancien tueur de Al Capone...»

Peut-on imaginer une société plus ouverte, plus fraternelle ?

Paix sur terre à tous les alcooliques de bonne volonté !

Christian L.

En accord avec les principes chez les Alcooliques anonymes, Le Droit a accepté de respecter l'anonymat de l'auteur.

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