Ottawa bilingue: une réponse cavalière

Le premier ministre Justin Trudeau... (La Presse canadienne)

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Le premier ministre Justin Trudeau

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La réponse de Justin Trudeau à ma question sur le bilinguisme officiel de la capitale du Canada a été plutôt cavalière. C'est désolant, mais franchement, pas surprenant.

Il s'est défilé, il a manqué de courage. Répondre que Gatineau devrait, elle aussi, être bilingue, c'est fausser la question et ne pas connaître le dossier.

Si M. Trudeau s'en remet au conseil municipal d'Ottawa, prenons-le au mot. Ce qu'il ne comprend pas, de toute évidence, c'est que le débat a déjà eu lieu... il y a 15 ans, en 2001. Le conseil municipal d'Ottawa, à la suite d'un vote majoritaire de 16 contre 6, demande à la province de l'Ontario d'inscrire dans une loi la politique de bilinguisme en vigueur à la ville. Le gouvernement, dirigé par le conservateur Mike Harris, refuse. Le conseil municipal s'est déjà prononcé, mais la province n'a toujours pas répondu aux attentes.

L'article 16 de la Loi constitutionnelle de 1867 stipule que « Ottawa sera le siège du gouvernement du Canada ». Ottawa, pas Gatineau, pas Hull, Ottawa!

M. Trudeau aurait intérêt à lire le témoignage des avocats Cousineau et Annis devant le Comité sénatorial permanent des Affaires juridiques et constitutionnelles, en septembre 2005.

Le gouvernement fédéral a toute la légitimité pour intervenir dans ce dossier devant le refus et les tergiversations du maire d'Ottawa et de son conseil municipal ainsi que du gouvernement de l'Ontario.

Est-ce normal qu'après bientôt 150 ans de Confédération, le Québec, une province majoritairement francophone, le Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue, et les francophones et francophiles de partout au pays n'ont toujours pas de capitale nationale respectueuse de leur langue?

En 2005, le gouvernement libéral de Dalton McGuinty adopte le projet de loi 163, la Loi de 2005 modifiant la loi de 1999 sur la ville d'Ottawa. Cette loi prévoit simplement que la ville doit avoir une politique de bilinguisme, sans en établir les paramètres dans une loi. Pour la communauté francophone, cette loi est considérée comme une coquille vide du fait qu'elle laisse au conseil municipal d'Ottawa le soin de fixer, comme bon lui semble, la portée et l'importance de la politique de bilinguisme. On y a même dérogé lors de la nomination du dernier directeur municipal! Inscrite dans une loi provinciale, la politique serait d'autant plus solide et contraignante.

Depuis, nombre d'interventions de toutes parts se butent au refus du maire Jim Watson.

Le gouvernement de l'Ontario se montre disposé à l'égard de la reconnaissance officielle du bilinguisme à Ottawa, mais s'en remet aux élus municipaux. Il s'en lave les mains.

Dès lors, le dossier est figé. De là la pertinence de l'intervention du gouvernement fédéral. C'est le temps d'agir! Le premier ministre Justin Trudeau, lui-même Franco-Ontarien, saura-t-il écouter la population et faire ce qui s'impose?

Michel Ouimet, Ottawa 

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