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Le premier ministre, Justin Trudeau... (Archives, La Presse canadienne)

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Le premier ministre, Justin Trudeau

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Que c'est triste quand sur les ondes de Radio-Canada jeudi dernier, le premier ministre Justin Trudeau s'est montré ignorant de la question de l'égalité des deux langues officielles dans la capitale du Canada.

Il est inimaginable que le fils de Pierre Elliott Trudeau, le père de la politique du bilinguisme officiel qui a donné naissance au Canada moderne, ait pu tourner le dos à ce principe fondamental. C'est l'essence même de la célébration de l'héritage dualiste du Canada qui est aussi la pierre angulaire de notre multiculturalisme.

Trudeau fils a fait deux gaffes en réponse à une question sur le bilinguisme officiel à Ottawa. Il a dit d'abord que c'est une question municipale, puis il s'est demandé si la Ville de Gatineau serait ouverte à devenir bilingue.

Lors de son congrès à Winnipeg l'été dernier, le chef du Parti libéral avait pourtant confirmé à Dialogue Canada que le bilinguisme officiel de la capitale était une de ses priorités. 

Bien sûr, la décision relève de la Ville d'Ottawa et du gouvernement ontarien puisqu'il s'agit de modifier la loi constituante de la Ville d'Ottawa. Mais là n'est pas la question. Le fédéral a la responsabilité de s'assurer qu'Ottawa dispose des fonds nécessaires pour couvrir tout coût additionnel que pourrait engendrer l'égalité des deux langues officielles à la Ville d'Ottawa. Voilà la question, M. Trudeau !

Il est décourageant d'entendre le premier ministre ramener la vieille histoire que si Ottawa devient bilingue, Gatineau devrait en faire autant. Seule Ottawa a été désignée capitale par la Constitution - pas Gatineau. 

Mais la question est plus profonde. Gatineau doit rester unilingue pour la même raison que la politique de bilinguisme du pays reconnaît que le Québec est un cas spécial et doit rester unilingue pour préserver sa culture française face à l'écrasante majorité anglophone de l'Amérique du Nord. Gatineau doit être respectée comme un microcosme du Québec. Le premier ministre devrait comprendre ça.

Il est inacceptable aussi que la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, prétende qu'il faille remettre à plus tard la question du bilinguisme à Ottawa sous prétexte que sa consultation sur le bilinguisme n'est pas achevée. 

Le Commissaire aux langues officielles l'a déjà faite. Il a trouvé qu'une écrasante majorité de 87 % des Canadiens souhaite que leur capitale soit officiellement bilingue. Une enquête par la communauté franco-ontarienne a aussi démontré qu'une large majorité des résidants d'Ottawa voulait la même chose.

Le fédéral ne semble pas reconnaître que le bilinguisme de la capitale serait une démonstration que le fédéralisme est un régime progressif. Cela démontrerait pourtant aux Québécois et à tous les francophones hors Québec que le fédéralisme est capable d'évoluer et de manifester le respect du pays envers sa population francophone.

Il est désolant que les libéraux ne semblent pas reconnaître que le bilinguisme d'Ottawa aidera l'économie en attirant plus de commerce et de tourisme international vers la capitale. Ils ne reconnaissent pas non plus que leur classe moyenne chérie a déjà compris la valeur du bilinguisme en envoyant ses enfants en immersion française à l'école.

Des élus municipaux d'Ottawa et les dirigeants de Dialogue Canada, anglophones, allophones et francophones, ont compris ça, mais pas le premier ministre ni son gouvernement.

Les auteurs, John Elliot Trent, Najat Ghannou et Gilles Ménard, sont co-présidents du Comité pour l'égalité des deux langues officielles dans la capitale du Canada, au sein de l'association Dialogue Canada.

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