Monopole, STO et enflure salariale

Un chauffeur de la STO touche une rémunération... (Martin Roy, Le Droit)

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Un chauffeur de la STO touche une rémunération annuelle moyenne de 65 500$.

Martin Roy, Le Droit

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La chronique de Patrick Duquette sur la Société de transport de l'Outaouais (« Sérieux, un mandat de grève ? », Le Droit, 13 décembre) propose une excellente analyse dans un cadre où on ne remet pas en question le droit de grève de ces employés.

Il leur demande d'agir de façon responsable et de tenir compte de la perte importante de bien-être de la population que pourrait engendrer une grève relativement longue. Il dit que ces employés sont bien payés et que leurs conditions de travail sont excellentes comparativement à celles de nombreux travailleurs ayant des qualifications professionnelles d'un niveau similaire. De quoi se plaignent-ils ? Ne devrait-on pas trouver des accommodements sans avoir recours à une grève ? Ce questionnement est très légitime.

En passant, un salaire annuel de 65 561 $ et des avantage sociaux qui représentent un coût proche de 30 % du salaire impliquent une rémunération globale de 85 230 $

Selon moi, ce groupe ne fait que maximiser la rémunération globale de ses membres en se servant de leur pouvoir monopolistique et du fait qu'ils offrent un service essentiel. Plus le pouvoir monopolistique est fort et plus le service est essentiel, plus la rémunération globale sera élevée. C'est ce que ce groupe a fait dans le passé, c'est ce qu'il fait maintenant et c'est ce qu'il continuera de faire dans le futur. Il tire sur la couverture tant qu'il peut. 

Selon les données de l'Institut de la statistique du Québec, l'écart important entre la rémunération globale de certains groupes d'employés municipaux et ceux du reste du secteur public québécois ainsi que ceux du secteur privé au Québec montre clairement que ce pouvoir monopolistique a été utilisé pour pousser leur rémunération globale bien au-dessus de celle prévalant dans le marché. Les dirigeants du secteur public ont créé des monopoles et nous récoltons ce qu'ils ont semé.

Dans les cas où il y a un monopole bilatéral (l'employeur est un monopole qui offre un service et il fait face à un syndicat qui est lui-même un monopole, et où le service offert est essentiel, il est tout à fait normal d'obtenir une rémunération globale  bien au-dessus du marché. Il faut changer le système et mettre en place un système qui définit la rémunération globale des travailleurs en fonction de la rémunération globale qui prévaut dans le marché pour des tâches et des qualifications similaires. Je suis bien conscient que ce changement est peu probable... Entre-temps, les contribuables et les usagers continueront de payer une importante rente monopolistique à ces travailleurs.

L'auteur, Jean-Pierre Aubry, est économiste et fellow associé au CIRANO

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