La STO n'est plus la même

Dans l'éditorial du quotidien Le Droit du 29 octobre, intitulé

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Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit

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Dans l'éditorial du quotidien Le Droit du 29 octobre, intitulé La STO, grosse vache sacrée, le décalage entre la réalité et les propos de l'éditorialiste est absolument renversant. L'éditorialiste affirme que « les années se suivent et se ressemblent à la STO », pourtant, les trois dernières années ont vu la STO procéder à des changements aussi rapides que fondamentaux.

Durant les six premiers mois de mon mandat, j'ai occupé le poste de président de la Société de transport de l'Outaouais, puis, Gilles Carpentier a pris la relève. Ensemble, nous avons : changé la philosophie de « tout au rabattement », ramené un certain nombre de lignes directes, lancé une révision de la gestion du projet Rapibus, lancé une opération de diagnostic organisationnel, institutionnalisé la collaboration entre la ville et la STO, revue les pratiques de communication de la STO et repris le dialogue avec Ottawa. Sur ce dernier point, il y a eu plus de rencontres entre Ottawa et Gatineau depuis deux ans qu'il n'y en a eu depuis que Gatineau existe. Le travail abattu par Gilles Carpentier, son CA, et par la STO depuis trois ans mérite tout notre respect. Quels en sont les résultats ? 

Nous en sommes à 24 mois consécutifs de hausse de l'achalandage... 24 mois consécutifs ! Dans ce domaine, Gatineau fait systématiquement mieux que la plupart des sociétés de transport. Si nous avons pu améliorer notre service, stabiliser le Rapibus, et ramener des gens dans les autobus, c'est par deux moyens : en travaillant avec les ressources financières à notre disposition (fermer des lignes pour en ouvrir d'autres), et couper dans l'administration pour réinvestir dans le service. Oui, la STO a coupé quatorze postes de cadres, revu tous ses budgets et réussi à couper/faire des gains d'efficacité de 4,2 millions de dollars... tout en améliorant le service. Les trois quarts de la masse salariale étant directement réservés au déplacement des usagers, la marge de manoeuvre était mince et la STO a fait ses devoirs. C'est une remise une question en profondeur, du jamais vu depuis au moins 15 ans. Et ce n'est pas fini, elle est à revoir la totalité de ses processus administratifs, notamment toute sa chaîne d'approvisionnement, et ce, pour économiser encore dans le but d'améliorer le service. 

 À 41 %, la contribution municipale à la STO est en dessous de ce que reçoivent les sociétés de transport comparables au Québec. De plus, depuis deux ans, la STO a demandé à la ville les plus petites hausses de quote-part municipale depuis des années (même plus petites que ce que le conseil municipal avait demandé !). Encore des hausses ? Évidemment. Parce que le discours tenu dans l'éditorial à propos des dépenses publiques fait abstraction de l'élément le plus important de toute la discussion sur la STO : nous voulons, j'insiste, nous voulons, augmenter la fréquentation du transport en commun... il faut donc y investir, l'augmentation de l'achalandage ne se fait pas par magie. La STO restera donc encore longtemps un service municipal en croissance, et ce, dans notre intérêt et dans celui de notre environnement.  

Si l'éditorial du Droit avait été rédigé avec la même attention aux détails que la STO porte à sa gestion, tous ces faits s'y seraient retrouvés. J'espère qu'un jour Le Droit décidera de voir Gatineau comme elle est, c'est-à-dire une ville dynamique qui se prend en main, fait des réformes, et qui est promise à un bel avenir.

L'auteur, Maxime Pedneaud-Jobin, est maire de la ville de Gatineau.

Dictés par l'intérêt public

L'éditorial La STO, grosse vache sacrée comportait un jugement sévère, mais étayé. Le maire Maxime Pedneaud-Jobin nous propose une autre lecture de la situation, lecture que nous respectons.

Toutefois, dans les deux dernières phrases de son texte, M. Pedneaud-Jobin élargit sa critique et dénonce globalement Le Droit, remettant en question non seulement le professionnalisme de l'éditorialiste, mais l'ensemble de l'oeuvre de notre quotidien, suggérant que nous sommes biaisés à l'égard de Gatineau, et incapables de prendre une juste mesure de son développement et des réformes engagées par son administration.

Il nous semble pertinent ici de rappeler que Le Droit accompagne positivement la région dans son développement depuis le lancement du journal en 1913, ayant clairement contribué par son action au progrès continu de ce territoire où il fait aujourd'hui si bon vivre. Comme M. Pedneaud-Jobin et les membres du conseil municipal de Gatineau, Le Droit aime passionnément sa région. Prétendre le contraire serait faire abstraction de l'histoire régionale, même la plus récente.

Par ailleurs, en ayant fait le choix d'aller en politique, le maire était conscient que les médias faisaient partie de l'environnement démocratique de notre société.

En conséquence, il doit aujourd'hui accepter que nos journalistes posent des questions, fassent des recherches et des analyses, assurent un suivi des engagements et des politiques mises en place et évaluent les différents aspects des réformes proposées, selon leur propre vision des choses.

Nous ne prétendons pas être parfaits, mais nos choix sont dictés par l'intérêt public, jamais par la partisanerie. Et notre équipe de rédaction a suffisamment de maturité, d'expérience et de lucidité pour prendre une juste mesure de ce qu'est aujourd'hui Gatineau, de son potentiel et des dimensions positives ou négatives des avenues de développement vers lesquelles on l'engage.

Pierre-Paul Noreau, président et éditeur du Droit

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