Radio-Canada... ou Radio-Québec?

La tour de Radio-Canada, à Montréal.... (Photo archives La Presse)

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La tour de Radio-Canada, à Montréal.

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Si une émission est diffusée au réseau national de Radio-Canada, on peut légitimement s'attendre à ce qu'elle s'intéresse à des questions qui touchent toutes les régions du pays. Parmi les émissions à portée nationale sur l'antenne du Réseau de l'information (RDI), il y a Le Club des Ex24/60 et En direct avec Patrice Roy. Les francophones de l'Acadie, de l'Ontario et de l'Ouest canadien se retrouvent-ils dans ces émissions ? Absolument pas !

Je n'ai rien contre l'ex-ministre libérale Yolande James, l'ancienne députée de l'Action démocratique du Québec Marie Grégoire et l'ancien ministre péquiste Yves-François Blanchet, les trois « ex » que l'animateur Michel Viens reçoit chaque jour. Ce sont de très bons analystes... québécois. 

Ils ne connaissent cependant pas la réalité des communautés francophones en milieu minoritaire.

Les trois analystes du Club des Ex devraient être des anciens parlementaires provenant respectivement de l'Acadie, du Québec et de l'Ontario ou l'Ouest canadien. Ce serait alors une véritable émission nationale, « sur papier et en ondes ».

Oui, l'émission a déjà invité l'ex-député acadien Yvon Godin, question d'avoir bonne conscience en interrogeant le « token » Franco. Cela n'a pas duré longtemps, bien entendu. Chassez la naturel québécois, il revient vite au galop.

À son émission 24/60, l'animatrice Anne-Marie Dussault est bien connue pour ne pas connaître la réalité franco-canadienne. N'a-t-elle pas dit en ondes qu'Antonine Maillet est une écrivaine québécoise et non acadienne ? Ses invités ne sont jamais des Franco-Ontariens, Acadiens, Franco-Manitobains. Il faut qu'un ex-premier ministre Jim Prentice meure tragiquement pour qu'elle accorde quelques minutes à un sujet non québécois.

Patrice Roy anime En direct et s'intéresse évidemment plus à Jean-François Lisée, Philippe Couillard et Gaétan Barrette qu'à Kathleen Wynne, l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario ou la Fédération des communautés francophones et acadiennes. Oui, ses analystes politiques incluent la très bilingue Tasha Kheiriddin, mais jamais pour débattre de questions franco-canadiennes.

En passant, Roy aime bien terminer l'émission en disant « Le National suit et moi je vous retrouve l'autre bord... » Il veut dire « à la Première chaîne »... si vous demeurez au Québec. Il ne dit jamais que Le Téléjournal Ontario suit l'autre bord, parce qu'Ici Radio-Canada est empreint d'un esprit de clocher, axé sur le ghetto québécois. 

D'année en année, des téléspectateurs de partout au Canada ont beau dénoncer haut et fort cette réalité, c'est toujours en vain.

Il serait peut-être temps de nommer un Franco-Canadien à la tête de la Société Radio-Canada. 

D'ailleurs, il est surprenant qu'il n'y ait même pas un siège au conseil d'administration de Radio-Canada/CBC qui ne soit occupé par un membre des communautés francophones et acadiennes. Qu'est-ce que la ministre du Patrimoine canadien attend pour briser l'esprit de clocher et poser un geste rassembleur ?

Quand les Acadiens, Franco-Ontariens, Franco-Manitobains et Fransaskois doivent se tourner vers les réseaux anglais de CBC, CTV ou Global pour reconnaître un peu leur région dans une émission nationale de télévision, c'est signe que la Société Radio-Canada fait oeuvre d'acculturation, voire d'assimilation.

L'auteur, Paul-François Sylvestre, habite à Toronto

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