Pour un ministère à Orléans

Le député libéral d'Orléans, Andrew Leslie... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Le député libéral d'Orléans, Andrew Leslie

Martin Roy, Archives LeDroit

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Aux élections fédérales d'il y a un an, Andrew Leslie est élu député d'Orléans. Dans la circonscription, le désagrément, la faiblesse économique et la nuisance environnementale de faire la navette matin et soir entre son lieu de travail et de résidence sont bien saisis par ce député qui n'a pas élu domicile dans la localité qu'il représente.

En campagne électorale, le transport et l'environnement sont les priorités que se donne M. Leslie, de même que les emplois qu'il promet de créer. Rien d'original : il repend une vieille promesse. Or, contrairement à ses prédécesseurs, il va plus loin en s'engageant solennellement à déménager un ministère fédéral à Orléans. « Et pas un petit, un gros », précise-t-il avec conviction. Il réitère cet engagement notamment lors des débats électoraux organisés par le MIFO et la Orléans Chamber of Commerce.

Un engagement qui arrive à point donné et qui a le potentiel de régler enfin le sous-emploi chronique dont est victime Orléans depuis les années 1990, moment du ralentissement de sa croissance, après son expansion phénoménale dans les années 1980. Ses secteurs d'emplois sont concentrés sur le commerce au détail du Centre commercial Place d'Orléans et l'éducation, fort de ses 42 écoles.

Selon une étude de 2012 de la Ville d'Ottawa, à peine 20 % des résidants d'Orléans y travaillent (0,5 emploi par ménage). C'est très peu comparativement aux 50 % (1,3 emploi par ménage) dans les secteurs de Nepean et Barrhaven. Cela se traduit par un manque de 26 000 emplois à Orléans ! Jusqu'à récemment, ce sous-emploi chronique ne paraissait pas en raison des nombreux emplois de la fonction publique fédérale au centre-ville d'Ottawa-Gatineau, à 30 minutes d'Orléans. Voilà pourquoi Orléans, la laissée-pour-compte, n'a jamais fondu dans un marasme économique.

Or, la situation est devenue particulièrement critique avec la relocalisation de 8500 fonctionnaires du ministère de la Défense nationale à Nepean et de 3000 de la GRC à Barrhaven.

Depuis un an, il y a trop peu d'indications que la venue d'un ministère du gouvernement fédéral à Orléans, tel que promis par Andrew Leslie, soit un engagement qui tienne toujours.

Le député Leslie doit démontrer la même conviction que le candidat Leslie.

La présence d'un ministère fédéral à Orléans parviendrait à pallier à son sous-emploi, à améliorer la qualité de vie de ses résidants, à réduire la congestion routière sur l'autoroute 174, à maintenir son équilibre linguistique vital pour l'épanouissement de la minorité franco-ontarienne, à stabiliser la valeur immobilière et à assurer la pérennité d'une communauté dont le développement s'estompera bientôt.

Les atouts qu'Orléans à offrir pour des emplois de qualités du fédéral sont nombreux et bien connus. Notamment, une population scolarisée et bilingue : 94 % des plus de 25 ans détenant au moins un diplôme d'études postsecondaire et 52 % des résidants sont bilingues, dont 33 % de Franco-Ontariens.

La venue d'un ministère fédéral à Orléans doit se faire de concert avec la phase 2 du train léger et son prolongement jusqu'au chemin Trim, prévu pour 2022. La confirmation de la contribution financière du fédéral tarde là aussi.

Jusqu'à présent, sur les trois priorités qu'Andrew Leslie s'était fixé en campagne, seul l'environnement par l'assainissement des eaux de la rivière des Outaouais est confirmé. Il ne faut pas que ses deux autres engagements tombent à l'eau. Orléans ne peut se le permettre.

L'auteur, Diego Elizondo, est étudiant à la maîtrise en histoire à l'Université d'Ottawa

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