Dépassée, la monarchie?

Le couple princier pendant sa visite dans l'Ouest... (Jonathan Hayward, Archives PC)

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Le couple princier pendant sa visite dans l'Ouest canadien

Jonathan Hayward, Archives PC

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Point de vue
Le Droit

Le récent voyage du couple princier au Canada soulève des questions sur la monarchie constitutionnelle du Canada et de son utilité dans la gestion de l'État. Nous devrions nous poser la question à savoir s'il n'était pas temps pour nous de dire au revoir à Sa Majesté et de remplacer le portrait de la Reine sur nos billets de 20$ ainsi que sur nos pièces de monnaie!

En effet, le rôle de la reine d'Angleterre est plus symbolique que d'autre chose. Elle est en fait la chef de l'État canadien. Contrairement à ce que bien des gens pourraient penser, le premier ministre du Canada n'est pas le chef d'État, mais bien le chef du gouvernement. Il y a une nuance à noter ici. Élisabeth II a donc sur papier un droit de veto sur toutes les lois qui sont votées par les parlementaires à Ottawa. Elle doit, via son représentant au Canada, le gouverneur général, donner son approbation sur chaque loi. C'est ce qu'on appelle la sanction royale. De ce que je sais, elle n'a jamais refusé de donner la sanction royale, c'est pour ça qu'on peut dire que c'est plus un symbole. Il en va de même pour les nominations au Conseil privé, madame doit donner son approbation.

L'abolition de notre monarchie ne serait pas une mince affaire. Ça prendrait la modification de la Constitution et Dieu sait qu'au Canada c'est difficile de modifier ce texte sacré! On a qu'à regarder les exemples du passé. Ensuite, il faudrait se poser la question qu'est-ce qu'on ferait pour la remplacer? Le système républicain pourrait être une option, mais ça demeure un autre débat. Une chose est sûre, c'est que ça ne serait que bénéfique pour le pays.

Outre le fait que nous allons sauver pas mal de sous avec l'abolition entre autres des postes de gouverneur général et de lieutenant-gouverneur, des voyages royaux et de tous les autres frous-frous rattachés à la royauté, nous assisterions aussi à une baisse de l'appui au mouvement souverainiste. Une des choses qui agace, voire dégoûte certains indépendantistes, c'est l'attachement inconditionnel des Canadiens anglais à la monarchie. Je peux les comprendre, car quand on accepte un immigrant ici, il doit porter allégeance à la Reine et non au Canada, pourquoi? Lorsque quelqu'un s'enrôle dans l'armée, il doit porter allégeance à la Reine, pourquoi? On envoie nos soldats défendre les valeurs du Canada et non celles de l'Angleterre. Donc si on se disait «Portons allégeance au Canada» plutôt qu'à la Reine et au Royaume-Uni, je crois que ça l'aiderait à réduire le sentiment de non-appartenance envers le Canada.

L'auteur, Gabriel Méthot, est étudiant en économie et en politique à l'Université d'Ottawa.

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