Le bilinguisme et l'absurdité majoritaire

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L'Université d'Ottawa a joint sa voix à ceux et celles qui demandent à ce que le bilinguisme soit officialisé à la Ville d'Ottawa.

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L'Université d'Ottawa a récemment appuyé un statut bilingue pour la ville d'Ottawa. J'ai trouvé particulièrement troublant de voir autant de commentaires et de réactions négatives.

Qu'on s'oppose à la reconnaissance d'Ottawa comme ville bilingue est une situation ahurissante. Non seulement parce que la situation du français hors Québec est inquiétante, mais aussi compte tenu du statut supposément bilingue du Canada. 

En fait, il est du devoir de la majorité anglophone de permettre à la communauté francophone de ne pas se diriger vers la déchéance. Ces deux communautés ont travaillé de concert afin de construire le Canada et c'est dans cette optique que le futur doit se diriger. Reconnaître l'importance d'un des peuples fondateurs ne doit pas être vu comme une perte d'opportunité de la part de la majorité, mais comme une occasion de raffermir les liens unissant les deux « solitudes » canadiennes. 

Plus spécifiquement, il est faux de croire que de reconnaître Ottawa comme une ville bilingue serait un geste nocif pour la majorité anglophone. Le seul inconvénient envisageable se trouve au niveau économique et, même sans savoir précisément son coût exact de ce changement de statut, on ne peut affirmer que ce montant serait astronomique. De toute façon, existe-t-il vraiment un argument économique pouvant supplanter moralement la nécessité de permettre à une communauté - à un des deux peuples fondateurs - le droit d'être servi par l'État dans sa langue ? 

Pour ceux ayant mentionné la certitude d'avoir moins d'opportunité d'emplois chez les unilingues anglophones à cause d'une reconnaissance de bilinguisme municipal, cette perception est fausse. Comme au fédéral, le bilinguisme n'est pas obligatoire - c'est un atout - et il est tout à fait possible d'avoir une carrière prolifique sans la moindre connaissance du français (pouvons-nous postuler l'inverse ?). Et pour ceux affirmant le début d'une ségrégation des anglophones à Ottawa, n'ayez crainte : vos services municipaux demeureront ce qu'ils le sont. Il n'est question que de permettre aux francophones d'être capables de recevoir des services municipaux dans leur langue comme vous. 

Le bilinguisme n'est pas synonyme de tyrannie de la minorité. Le bilinguisme n'est pas le début de la fin pour la majorité anglophone. Le bilinguisme signifie seulement la reconnaissance de l'importance de la communauté franco-ontarienne dans la vie municipale d'Ottawa. La lutte pour la reconnaissance du français en Ontario ne devrait pas être chose du passé : elle doit constituer un idéal pour l'avenir.

L'auteur, Michel Larcher, est étudiant à la maîtrise en science politique à l'Université d'Ottawa

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