La première école en Ontario était française

L'auteur, Paul-François Sylvestre, est un écrivain établi à... (Archives, LeDroit)

Agrandir

L'auteur, Paul-François Sylvestre, est un écrivain établi à Toronto

Archives, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

« Quoique fondée sous le régime britannique, la première école de l'Ontario est une école française », écrit l'historien Robert Choquette. Aujourd'hui, 3 octobre, marque le 230e anniversaire de sa fondation.

Dans son livre « L'Ontario français, historique », Robert Choquette rappelle que c'est dans la paroisse de l'Assomption - aujourd'hui un secteur de Windsor -, que deux demoiselles du Québec ont ouvert une école en octobre 1786. Cet anniversaire est une occasion en or pour nommer une école en l'honneur des deux premières institutrices de la province, les demoiselles Adhémar et Papineau.

Au XVIIe siècle, il y a quelques tentatives pour éduquer les enfants dans les Pays-d'en-Haut. Vers 1635, les missionnaires jésuites enseignent aux Hurons, mais c'est essentiellement une oeuvre d'évangélisation. À la fin du XVIIe siècle, les Récollets obligent les enfants autochtones à converser fréquemment avec les petits Français, mais l'entreprise s'avère un échec.

Un siècle plus tard, soit au début des années 1780, l'abbé Jean-François Hubert, curé de la paroisse de L'Assomption, entreprend des démarches auprès du gouverneur Frederick Haldimand afin d'obtenir les services des Dames de la Congrégation de Montréal pour enseigner aux garçons et aux filles catholiques francophones de sa paroisse. Ce projet ne verra jamais le jour.

En 1785, Hubert est nommé évêque coadjuteur de Québec. L'un de ses premiers gestes consiste à envoyer des institutrices de Québec à son ancienne paroisse. Les demoiselles Adhémar et Papineau arrivent en octobre 1786 et inaugurent ainsi la première vraie école de l'Ontario.

Dans une lettre en date du 24 août 1787, le curé François-Xavier Dufaux écrit à son évêque pour lui dire qu'il a ouvert l'école paroissiale et installé les demoiselles Adhémar et Papineau : « Cette petite maison leur sert ainsi qu'à leurs pensionnaires de dortoir. La salle commune des habitants leur sert d'école ; elles ont huit pensionnaires et cinq externes. »

Le 22 août 1790, le curé Dufaux écrit de nouveau à Hubert pour lui signaler que « le zèle, les soins et les travaux de Mlle Papineau y seront longtemps reconnus ; sa conduite honnête et chrétienne aussi que celle de Mlle Adhémar ne peuvent donner lieu à la critique des honnêtes gens, elles en sont estimé. » 

Cette correspondance est extraite de « The Windsor Border Region : Canada's Southernmost Frontier, d'Ernest Lajeunesse, en 1960. Elle confirme que la première vraie école en Ontario a duré au moins quatre ans.

Il est curieux qu'aucune école ne porte le nom de ces pionnières de l'éducation en Ontario.

La ministre de l'Éducation, Mitzie Hunter, et la ministre déléguée aux Affaires francophones, Marie-France Lalonde, ont été informées de ce 230e anniversaire et de la nécessité de donner à une école le nom Adhémar-Papineau. 

Au moment d'écrire ces lignes, ni l'une ni l'autre n'ont répondu tangiblement à cette requête. Avisés, les conseils scolaires Viamonde et Providence n'ont pas trouvé opportun de changer le nom d'une de leurs écoles. C'est regrettable que personne ne cherche à réparer cet oubli. Il en va pourtant de la préservation du patrimoine culturel franco-ontarien.

L'auteur, Paul-François Sylvestre, est un écrivain établi à Toronto

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer