Les élites politiques

Le drapeau franco-ontarien... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Le drapeau franco-ontarien

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Les récentes funérailles de Mauril Bélanger ont rappelé l'importance de nos élites politiques pour la communauté francophone de l'Ontario et leur place dans le cheminement économique, juridique et identitaire. Trop souvent, la population oublie l'influence que ces élites ont sur le devenir collectif et le poids qu'ils doivent supporter surtout quand la communauté exige des résultats immédiats et tangibles dans l'avancement de certains dossiers.

Au lendemain de la journée du drapeau franco-ontarien, pensons entre autres à Jean-Robert Gauthier, Jean-Marc Lalonde, Omer Deslauriers, Madeleine Meilleur et tous les autres qui ont les intérêts de leur communauté. 

Au cours des décennies, l'Ontario français a su bénéficier d'individus qui sont allés au combat pour permettre aux francophones de vivre et de cheminer de plus en plus vers une égalité avec la majorité anglophone. Les francophones ont su forger ces leaders de la communauté avec une loyauté et un encouragement afin qu'ils puissent par réciprocité défendre leurs préoccupations devant les instances politiques et parlementaires.

Il faut noter que la très grande majorité de cette élite politique s'est construite à partir de la communauté, gravissant les échelles de responsabilités pour afin d'aboutir comme député, tant au fédéral qu'au provincial. Plusieurs ont fait leurs premiers pas comme conseiller municipal ou scolaire, ou encore en travaillant dans l'ombre des milieux politiques avant de faire le saut pour siéger à Queen's Park ou au Parlement du Canada.

Nous avons le devoir de nous occuper de ces élites politiques qui vont au front pour leurs commettants et se sacrifient pour améliorer le devenir collectif. La politique est un monde dur et souvent sans merci où le gagnant a tous les droits. La défaite est amère et difficile. Lorsque le pouvoir n'est plus au rendez-vous, les élus sont très vite oubliés. Le carnet de rendez-vous se vide et le téléphone ne sonne plus. Il leur est souvent très difficile de se dénicher un emploi avec les mêmes perspectives professionnelles. D'où l'importance de saisir le moment lorsqu'il arrive afin de faire avancer tout dossier politique pour le bien de la communauté, sachant très bien les limites de temps et d'énergie que possèdent nos élus.

Ces individus deviennent des élites politiques grâce à l'endurance de leur combat pour améliorer les droits des francophones de l'Ontario et la prestation de services gouvernementaux en langue française dans un monde qui n'a pas toujours été ouvert à cela dans le passé. 

Les funérailles du député Mauril Bélanger font réaliser le sacrifice que nos élites politiques endurent lorsqu'ils prennent à coeur le combat d'une communauté pendant une longue période malgré les difficultés de la tâche.

Les francophones doivent continuer à bâtir et à chérir leurs élites politiques afin d'assurer une pérennité dans la lutte pour la progression de leurs droits et la prestation de services gouvernementaux. Il faut les identifier et les appuyer dans leur progression dans l'espace public. Mais du même coup, il faut les remercier pour les bons coups et les efforts qu'ils mènent au nom d'autrui. La vie politique est difficile et souvent absente de reconnaissance sauf à la fin d'une vie ou lors du départ de la vie politique active. Souvent, ces accolades arrivent trop tard. D'où l'importance de ne pas les oublier et leur dire merci durant la vie politique.

L'auteur, Gilles LeVasseur, est professeur et constitutionnaliste à l'Université d'Ottawa

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