Formation de médecins en anglais: appel à la solidarité

Le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault... (Martin Roy, Archives LeDroit)

Agrandir

Le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault

Martin Roy, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le gouvernement du Québec a confié à l'Université McGill l'entière responsabilité de la formation en médecine dans la région de l'Outaouais. Or, faute de moyens conséquents, l'enseignement magistral sera dispensé depuis Montréal, en anglais, pour toute la partie théorique des 18 premiers mois.

Cette éventualité entraînera un recul important en matière de francisation dans une région où, déjà, le français est plus que fragile. En outre, on peut craindre que plusieurs francophones de la région renoncent à une formation en médecine faute d'une maîtrise suffisante de l'anglais. D'autres s'exileront ailleurs au Québec pour contourner le problème. Enfin, ceux qui s'inscriront à Gatineau devront mettre les bouchées doubles pour arriver à maîtriser en français un savoir et une terminologie qu'on leur enseignera d'abord en anglais.

Ainsi, l'Outaouais risque de ne pas régler son problème de pénurie de médecins de langue française. Les nouveaux diplômés pourraient émigrer tout autant qu'actuellement (deux médecins formés à McGill sur trois quittent le Québec, % identiques chez les francophones et les anglophones). Certains pourront travailler en Ontario sans même avoir à y déménager. L'Université McGill invoque la non-disponibilité de ressources en français. Vu d'ici, l'argument tient difficilement la route, quand en face, du côté ontarien, la formation en médecine à l'Université d'Ottawa se fait entièrement en français

Québec traite l'Outaouais comme région anglophone y pratiquant exclusion et discrimination systémique contre la francophonie. C'est révoltant quand on sait, par exemple, qu'en Acadie à l'Université de Moncton, la formation en médecine est en français!

Même si le premier ministre Philippe Couillard fait mine de l'ignorer, l'Université McGill est un vecteur d'anglicisation. En accordant au RUIS-McGill le droit de desservir le tiers de la population québécoise (le RUIS-McGill est impliqué au premier chef ou en soutien en Outaouais, en Abitibi-Témiscamingue, dans le Nord-du-Québec, dans l'ouest de l'Île de Montréal, la Montérégie et les Laurentides), le gouvernement libéral lui abandonne des régions très majoritairement francophones pour assurer la viabilité d'institutions trop grandes pour la seule communauté anglo-québécoise.

C'est essentiellement grâce à l'apport de francophones et d'allophones que l'on permet au RUIS-McGill d'être l'institution universitaire de référence en médecine dans ces régions. Ce faisant, le gouvernement québécois devient non seulement un agent de développement de la collectivité de langue anglaise, mais aussi de l'anglicisation de francophones et d'allophones.

Nous en appelons donc aux citoyens de l'ensemble du Québec et leur demandons d'intervenir pour que soit renversée cette décision injuste, insensée et infériorisant le français. Ce que l'on permet en Outaouais, on pourrait éventuellement le permettre dans l'ensemble des régions couvertes par le RUIS-McGill.

L'auteur, Jean-Paul Perreault, est président d'Impératif français

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer