La médecine en anglais...

Le premier ministre Philippe Couillard en compagnie du... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le premier ministre Philippe Couillard en compagnie du doyen de la faculté de médecine de l'Université McGill, le Dr David Eidelman

Patrick Woodbury, LeDroit

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C'est avec stupéfaction que je prends connaissance de l'opinion des docteurs Eidelman et Brousseau à propos de la création du campus médical satellite de l'Université McGill en Outaouais. On y mentionne que les 18 premiers mois de la formation seraient livrés en anglais uniquement, ceci étant justifié par le fait que l'on doive « utiliser le moyen le plus rapide pour nous permettre d'aller de l'avant sans délai : la vidéoconférence ».

Je ne doute pas qu'il y aurait eu d'autres moyens d'assurer l'enseignement de la médecine en français à Gatineau : ainsi, le recours aux professeurs des universités de Montréal, Laval ou Sherbrooke par vidéoconférence aurait sans doute pu répondre à cet impératif temporaire.

Lorsqu'on croit à la nécessité de protéger le français, on trouve des moyens appropriés. Je fus doyen-fondateur de la Faculté de droit de l'Université de Moncton, là où l'enseignement de la common law devait être entièrement délivré en français. Presque tous les intervenants anglophones jugeaient le projet irréalisable (Rapport Soberman) ; on privilégiait la création d'un cours bilingue au New Brunswick Law School. Au contraire, les francophones néo-brunswickois insistaient pour avoir un enseignement complet en français. Ce qui fut fait ! Bien sûr, on a dû y mettre tous les efforts nécessaires.

Seulement trois Néo-Brunswickois pouvaient y devenir professeurs. Nous avons convaincu trois Québécois et trois Ontariens anglophones parfaitement bilingues à se joindre au noyau initial. Le programme débuta. Un écueil surgit : le Barreau de certaines provinces canadiennes exigeait que les étudiants reçoivent un cours de philosophie de la common law. Il semblait bien alors que personne au Canada ne puisse dispenser ce cours en français. Nous fîmes appel aux universités nord-américaines et reçûmes l'information du Michigan State University qu'un dénommé John H. Crabb, anglophone parfaitement bilingue, y avait enseigné cette matière ; cependant ledit professeur séjournait maintenant en Suisse. Nous avons trouvé son adresse et l'avons persuadé de venir donner cet enseignement un semestre par année. Aujourd'hui, les diplômés de la faculté de Moncton pratiquent la common law en français partout au Canada.

Comme quoi, quand on croit à la nécessité du français, on peut réussir sans vidéoconférence en anglais...

L'auteur, Pierre Patenaude, est professeur émérite à la Faculté de droit de l'Université de Sherbrooke

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