Mère Teresa, sainte des ténèbres

Sur la façade de la basilique Saint-Pierre, un... (Vincenzo Pinto, AFP)

Agrandir

Sur la façade de la basilique Saint-Pierre, un portrait géant de mère Teresa trônait dimanche, sous un ciel bleu et un soleil d'été

Vincenzo Pinto, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Mère Teresa de Calcutta a été canonisée à Rome, dimanche. Elle se présentait ainsi, non sans humour : « De sang, je suis albanaise, de citoyenneté, indienne ; de religion, catholique ; par ma mission, j'appartiens à tout le monde ; mais mon coeur n'appartient qu'à Jésus. »

La spiritualité de la sainte de Calcutta pourrait se résumer en trois mots : tout pour Jésus. Elle ne voulait rien lui refuser, comme Thérèse de Lisieux, qu'elle avait lue plus jeune. Elle l'avait choisie pour homonyme parce qu'elle faisait des choses ordinaires avec un amour extraordinaire.

Agnès Gonxha Bojaxhiu naît le 26 août 1910 de parents albanais à Skopje, en Macédoine. Son père meurt subitement lorsqu'elle a neuf ans. Sa mère s'occupera de ses trois enfants. Son désir d'être tout à Jésus croît avec les années et l'entraîne à devenir postulante à 18 ans chez les Soeurs de Notre-Dame-de-Lorette. Elle part pour Dublin apprendre l'anglais et commence son noviciat en Inde. Elle prononce ses voeux définitifs le 24 mai 1937.

En 1944, elle est nommée directrice de l'école où elle enseigne. Le 10 septembre 1946, en route pour une retraite à Darjeeling, elle ressent un fort attrait intérieur à se donner au service des plus pauvres. Elle quitte le couvent et ira vers les trous obscurs des bidonvilles. Elle considérera ce jour, célébré plus tard sous le nom de « jour de l'inspiration », comme la naissance des Missionnaires de la Charité.

En août 1948, elle dépose l'habit des soeurs de Lorette et prend le sari blanc avec bordure bleue et croix sur l'épaule. Elle fonde un hospice pour les mourants, symbole de sa compassion. Les médias commencent à s'intéresser à elle, le monde la découvre, de nouvelles fondations de sa communauté naissent un peu partout.

« J'ai soif » : ce cri de Jésus est écrit sur les murs des chapelles des Missionnaires de la Charité. C'est le pivot de l'action de Mère Teresa et la raison d'être de la Congrégation. Elle l'écrit, le 25 mars 1993 : « Tout vise uniquement à étancher la Soif de Jésus, le but de tout ce que sont et font les Missionnaires de la Charité. »

Si le but est clair, le moyen pour y arriver l'est autant : se donner aux autres, spécialement aux affamés, malades, nus, prisonniers, étrangers. 

Mère Teresa veut aimer jusqu'au bout malgré de grandes ténèbres intérieures qui dureront une cinquantaine d'années. Son sourire cache une multitude de douleurs. Tout est obscurité en elle. Elle traverse le XXe siècle en se sentant solidaire des pauvres et des rejetés qui cherchent dans la nuit une lumière, une espérance, un sens. Le 6 mars 1962, elle écrit au père Neuner ces mots prophétiques : « Si jamais je deviens sainte - je serai certainement une sainte des « ténèbres ». 

La foi chrétienne n'est pas d'abord une doctrine ou une morale, c'est un toucher et une rencontre. Toucher l'être humain, c'est toucher le corps du Christ. Tel a été l'exemple de la sainte de Calcutta qui n'a cessé dire que le manque d'amour est la plus grande pauvreté et la plus terrible solitude. Elle reçoit le prix Nobel de la paix en 1979.

Mère Teresa meurt à Calcutta le 5 septembre 1997 à l'âge de 87 ans. Elle laissait derrière elle 4000 soeurs et 550 frères, répartis dans 517 missions de 120 pays.

L'auteur, Jacques Gauthier, est auteur et théologien de Gatineau

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer