Le français maltraité aux Jeux olympiques

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La viabilité du français doit être rehaussée au sein du Comité international olympique. Et ça commence par le Canada, où le comité olympique national doit insister sur la présence en termes égaux des deux langues officielles du pays.

Ryan Remiorz, Archives PC

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Point de vue
Le Droit

Le français et l'anglais sont les langues officielles du Comité international olympique. Toutefois, à la lecture des responsables des Jeux de Rio, le français est devenu une langue accessoire, voire un mal nécessaire afin de remplir les exigences officielles du CIO.

Si l'on veut que le français continue d'être une langue internationale d'importance, il faut commencer par assurer une vraie présence dans les événements mondiaux afin qu'elle devienne une langue d'usage quotidienne et pas folklorique.

Lors de la création du CIO, les deux langues qui devaient gouverner les Jeux olympiques étaient le français et l'anglais. Le français a été mis de côté à Rio pour des raisons budgétaires et à cause d'une absence de volonté.

La viabilité du français doit être rehaussée au sein du Comité international olympique. Et ça commence par le Canada, où le comité olympique national doit insister sur la présence en termes égaux des deux langues officielles du pays. 

Il faut arrêter d'avoir peur de ne pas être aimé parce que l'on revendique une place égale à l'anglais. Lorsque nous revendiquons notre place, ce que l'on recherche au départ est le respect. La gêne n'a pas sa place lorsque nous recherchons l'égalité linguistique. La dualité linguistique canadienne doit s'inscrire dans la continuité de nos actions en matière internationale, surtout lorsque le français a déjà un statut officiel dans ces organisations. On accepte trop facilement des excuses de logistique, de traduction de dernière minute ou le fait que tout le monde comprend l'anglais afin de justifier les accrocs au français.

Le respect des deux langues officielles doit aussi devenir une priorité pour le gouvernement du Canada lorsqu'il octroie du financement aux sports olympiques. Il est nécessaire que le Comité olympique canadien et ses représentants sur la scène mondiale s'engagent envers la dualité linguistique, car il s'agit d'une extension de notre identité et de nos valeurs nationales.

L'Organisation internationale de la Francophonie doit aussi intervenir directement - et constamment -auprès des organisations internationales afin d'assurer au français la place qui lui revient. Il faut plus qu'un communiqué de presse ou un simple discours, il faut des revendications répétées sur tous les fronts. La situation est critique et il faut agir immédiatement, car si la tendance se continue, les prochains Jeux d'été à Tokyo seront un défi pour la visibilité du français.

Nous constatons un effritement du français sur la scène internationale depuis une trentaine d'années. La langue tend maintenant à être régionalisée.

La première étape consiste à insister sur le respect des langues officielles du CIO dans l'espace public. Cette gêne et cette acceptation de l'absence du français doivent être dénoncées. Deuxièmement, le Canada et la Francophonie doivent assurer un suivi et offrir l'appui logistique nécessaire pour aider ces organisations internationales à respecter la langue française.

Ne pas agir équivaut à accepter que le français ne devienne qu'une langue d'usage local, qu'il ne soit plus nécessaire dans le fonctionnement des organisations internationales. Cet effritement aura un impact direct à long terme sur la dualité linguistique canadienne.

L'auteur, Gilles LeVasseur, est constitutionnaliste et professeur à l'Université d'Ottawa.

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