Mauril Bélanger et la passion de la politique

Le député fédéral d'Ottawa-Vanier, Mauril Bélanger... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Le député fédéral d'Ottawa-Vanier, Mauril Bélanger

Martin Roy, Archives LeDroit

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Point de vue
Le Droit

Lorsque Yolande Dufour arrive à Mattawa en 1955 en compagnie de son époux Maurice Bélanger, elle se lance en affaires et s'implique activement dans la vie franco-ontarienne. Elle servira surtout d'exemple pour son fils Mauril, l'aîné de ses quatre enfants, qui y apprend la valeur de l'engagement.

Mauril Bélanger s'engage en politique dès l'adolescence. Élu président du conseil étudiant de son école secondaire à North Bay, ses anciens camarades de classe racontent qu'il caressait déjà le rêve de siéger aux Communes.

Bélanger arrive à l'Université d'Ottawa en 1973. Il étudie en littérature anglaise afin de parfaire sa deuxième langue mais l'essentiel de son temps est consacré à la Fédération étudiante de l'université, où il sera président pendant deux mandats.

Son engagement attire l'attention de Jean-Robert Gauthier, député d'Ottawa-Vanier depuis 1972, qui l'engage à titre de chef de campagne pour l'élection de 1980. Après la victoire, Bélanger devient l'adjoint du député voisin et ministre Jean-Luc Pepin. Il est notamment responsable de trouver le financement nécessaire à la construction en 1985 du Centre culturel du MIFO, à Orléans. Pepin, qui agira comme son mentor, lui apprend alors le respect de ses adversaires politiques, trait de personnalité aujourd'hui salué par tous.

À la retraite de Pepin, Bélanger fait une brève incursion dans le secteur privé jusqu'au début des années 1990 alors qu'il devient chef de cabinet de Peter Clark, président de la Municipalité régionale d'Ottawa-Carleton.

Lorsque Jean-Robert Gauthier accède au Sénat en 1994, Mauril Bélanger se présente à l'investiture libérale fédérale d'Ottawa-Vanier qu'il remporte de même que l'élection partielle, le 13 février 1995. Il fait son entrée aux Communes alors que le pays vit au rythme de la tension référendaire.

Arrive en 1997 la crise de la fermeture de l'Hôpital Montfort. Bélanger comme plusieurs autres députés de la région appuiera activement le mouvement S.O.S. Montfort. En 1999, il parvient à déposer au Parlement une pétition de 122 députés de tous les partis appuyant la désignation d'Ottawa ville bilingue. Entre 2004 et 2006, sous Paul Martin, il devient notamment ministre responsable des langues officielles.

Désirant renouer avec une tradition perdue que le président de la Chambre des communes soit un député franco-ontarien, Mauril Bélanger est donné largement favori dans les coulisses à la suite de la victoire des libéraux de Justin Trudeau. Le diagnostic aussi inattendu que cruel de la maladie de la sclérose latérale amyotrophique l'afflige et il est contraint d'abandonner la course à la présidence.

Son combat contre la maladie est hautement médiatisé. Les honneurs et éloges à son endroit se multiplient. Parallèlement, il parvient finalement à faire adopter en juin dernier son projet de loi sur la version anglophone de l'hymne national canadien afin de le rendre neutre sur le genre, un combat pour l'égalité qui n'a d'équivalent que tout son travail pour la dualité linguistique au pays.

L'auteur, Diego Elizondo, est étudiant à la maîtrise en histoire à l'Université d'Ottawa.

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