Nouveau départ pour le Centre Jules-Léger

Le Centre Jules-Léger comprend une école provinciale et... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Le Centre Jules-Léger comprend une école provinciale et une école d'application pour sourds et malentendants, aveugles et personnes avec basse vision.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Point de vue
Le Droit

Le gouvernement de l'Ontario a annoncé un nouveau mode de gouvernance pour le Centre Jules-Léger, une institution scolaire de langue française basée essentiellement à Ottawa.

Depuis les années 1970, le centre offre des programmes spécialisés aux élèves à divers niveaux scolaires qui souffrent de difficultés d'apprentissage, incluant de la surdité ou de la cécité à divers degrés. Il verra dans un proche avenir sa gouvernance passer aux mains des conseils scolaires francophones. 

Cette décision est très importante, car le centre est le seul établissement en Ontario apte à offrir des services spécialisés en langue française à une population qui possèdent divers types de handicaps. À la suite de consultations publiques et des pressions exercées par les élèves et les enseignants, la gouvernance du centre sera modifiée afin d'améliorer les services offerts aux jeunes en difficulté d'apprentissage et aux enfants malentendants. 

Jusqu'à récemment, le Centre Jules-Léger opérait dans un bassin d'anglophones avec des priorités qui divergeaient des intérêts des francophones. La philosophie et les besoins des francophones sont différents du groupe majoritaire. Souvent, leurs besoins étaient soit oubliés, soit ils n'étaient pas pris en considération. Depuis plus de 50 ans, les francophones ont toujours milité en faveur d'une gestion et d'une gouvernance par et pour les francophones. L'annonce gouvernementale s'inscrit donc dans la continuité. 

Le Centre Jules-Léger a connu une chute dramatique de 60% de sa fréquentation chez sa clientèle malentendante depuis les 10 dernières années. Autre difficulté: la gouvernance du centre était en conflit direct avec l'article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, incluant l'application discriminatoire de pratiques qui ne sont pas adaptées à la réalité franco-ontarienne.

La décision du gouvernement libéral de Kathleen Wynne est importante, puisqu'elle confirme la philosophie de base qui imprime la démarche des Franco-Ontariens depuis les années 1960. La gestion et la gouvernance par les conseils scolaires francophones offriront des services adaptés à la réalité franco-ontarienne en fonction de leurs besoins spécifiques.    

L'Ontario a été la première province canadienne à reconnaître la langue des signes dans une loi. Elle a reconnu l'American Sign Language (ASL) et la langue des signes québécoise (LSQ) dans la loi sur l'éducation en 1993. Cela permet l'utilisation de ces deux langues des signes dans l'enseignement lorsque les circonstances s'y prêtent. La prochaine étape est la modification législative transférant la gouvernance des écoles d'application de langue française aux conseils scolaires francophones.

Une des grandes leçons que l'on peut retenir de tout ceci est qu'encore une fois, les francophones ont lutté pour leur gouvernance scolaire en vertu de leurs droits constitutionnels. Ils se prennent en main afin de redéfinir leur place en Ontario afin que tous puissent contribuer avec leur potentiel au bien-être de leur société. Maintenant, les moyens gouvernementaux doivent suivre afin d'appuyer les activités offertes aux élèves francophones des écoles d'application. Ils ont droit aux mêmes standards scolaires que les autres élevés francophones.

Il est nécessaire de compléter cette démarche de gouvernance par les francophones pour les francophones en y incluant des programmes de formation professionnelle afin qu'ils puissent accéder à des emplois rémunérateurs. Cette formation outillera ces élèves à être des citoyens performants dans plusieurs domaines dans le respect de leurs droits constitutionnels.

L'auteur, Gilles LeVasseur, est constitutionnaliste et professeur à l'Université d'Ottawa.

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