Saint-Isidore, symbole d'enracinement

Le 23 juillet dernier, la foudre s'abattit de... (Courtoisie, Mélanie Longtin)

Agrandir

Le 23 juillet dernier, la foudre s'abattit de plein fouet à côté de l'église de Saint-Isidore, déclenchant un incendie qui se répandit comme une traînée de poudre sur le temple catholique plus que centenaire.

Courtoisie, Mélanie Longtin

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Point de vue
Le Droit

Jusqu'au milieu du 19e siècle, la forêt était répandue dans le comté de Prescott.

Une localité connue sous le nom de Kerry était peuplée de loyalistes américains d'origine écossaise. À l'ouest de la rivière des Outaouais, des Canadiens-français venus des comtés voisins migrent massivement, en accord avec les desseins agraires et colonisateurs de l'Église catholique. Ce déplacement massif renversa rapidement la composante linguistico-religieuse de Kerry, qui devient majoritairement franco-ontarienne et catholique. 

Déclinant l'invitation de Mgr Bruno Guigues de s'unir avec ceux de la paroisse voisine de Fournier en 1872, une demande de la part de 142 résidents de Kerry est envoyée à Mgr Thomas Duhamel le 8 mai 1875 afin de remplacer la chapelle de 1859 et construire une église. Huit acres de terrains sont donnés par le pionnier et premier syndic de la paroisse, Pierre Sicotte. Les travaux de construction d'une église de pierres grises de cent pieds de long sur cinquante de large commencent le 12 juin 1878. Le contrat de 37 500$ est octroyé à Philéas Joly.

L'église est terminée et bénie le 17 septembre 1879 par Mgr Duhamel et la mission de 1855 est élevée au rang de paroisse. La façade, une sacristie de 50 pieds sur 27, un clocher haut de 166 pieds, l'intérieur et un agrandissement de 27 pieds sont réalisés en 1896 pour la somme de 14 400$ par les architectes Victor Roy et Louis-Zéphirin Gauthier et l'entrepreneur Joseph Fauteux. Enfin, en 1953, des travaux de rénovations majeures sont nécessaires car le clocher de l'église accuse une inclinaison de plus de 15 pouces. Pour y pallier, une flotte de béton de cinq pieds d'épaisseur sous toute l'étendue de la façade est construite. L'intérieur est également complètement refait. 

Une première cloche est bénie en 1882, année de l'arrivée du premier curé-résident. Kerry devient alors officiellement Saint-Isidore, saint patron des laboureurs. Deux autres cloches sont bénies en 1911.

Le journal Le Moniteur de Hawkesbury ne tarit pas d'éloge pour le temple: «Cette église quoique modeste dans ses décorations [est] un petit chef-d'oeuvre d'architecture gothique [...] qui imite en quelque sorte, les chapelles des plus beaux monastères du pays.»

Au centenaire de la construction de l'église, en 1979, Bill Davis offre ses meilleurs souhaits: «Au nom du gouvernement de l'Ontario, je fais des voeux sincères pour que l'église de St-Isidore continue à répondre aux besoins spirituels et temporels de la paroisse et demeure une source de réconfort, de force et de soutien pour les fidèles.»

Le 23 juillet dernier, la foudre s'abattit de plein fouet à côté de l'église de Saint-Isidore, déclenchant un incendie qui se répandit comme une traînée de poudre sur le temple catholique plus que centenaire.

Un riche pan de notre patrimoine est disparu, l'église de St-Isidore était l'une des plus anciennes églises franco-ontariennes à l'est de la basilique-cathédrale Notre-Dame d'Ottawa, après celles de L'Orignal (1854), de St-Eugène (1865), de Saite-Anne d'Ottawa (1873), de Plantagenet et de Vankleek Hill (1877). En 2011, des violents orages avaient arraché le clocher de l'église Saint-Hugues de Sarsfield (1895). Celle de Saint-Isidore a été décimée.

Avec les changements climatiques, notre patrimoine religieux est-il en sécurité face au climat devenu extrême?

L'auteur, Diego Elizondo, est étudiant à la maîtrise en histoire à l'Université d'Ottawa.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer