À quand l'Ontario au sein de la Francophonie?

Avec plus de 600 000 francophones, selon les dernières données du recensement... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Avec plus de 600 000 francophones, selon les dernières données du recensement de Statistique Canada en 2011, l'Ontario compte la plus importante communauté francophone au Canada, après le Québec. Une population franco-ontarienne très diversifiée, à l'image même de l'ensemble de la population ontarienne issue d'origines ethniques très différentes.

En effet, tout comme le Québec et le Nouveau-Brunswick - deux provinces canadiennes membres effectifs de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) -, l'Ontario a toujours voulu également devenir membre de plein droit de cette organisation intergouvernementale, participer pleinement aux instances de l'OIF et prendre part aux votes, ou, en d'autres termes, participer au Sommet de la Francophonie ; aux Conférences ministérielles sectorielles ; au Conseil permanent de la Francophonie ; et aux différentes Commissions de l'OIF.

Cependant, durant la dernière décennie de règne conservateur à Ottawa, l'Ontario n'a pu obtenir l'appui nécessaire pour soumettre sa demande d'adhésion à l'Assemblée générale de la Francophonie. Toutes les démarches entreprises en ce sens se sont butées à un refus catégorique du fédéral. Maintenant que les libéraux sont au pouvoir à Ottawa, et que ceux qui autrefois portaient ombrage ne sont plus aux commandes, il y a lieu d'espérer que l'Ontario puisse finalement intégrer l'OIF comme membre de plein droit.

Jusqu'à tout récemment ministre déléguée aux Affaires francophones du gouvernement de l'Ontario, Madeleine Meilleur a été une figure emblématique de la francophonie ontarienne. Elle a milité activement pour l'adhésion de sa province à la Francophonie. Son remplacement par la députée d'Ottawa-Orléans, Marie-France Lalonde, rassure et montre la grande importance que la première ministre Kathleen Wynne accorde à la poursuite sans discontinuité de cette démarche d'adhésion à l'OIF.

Les Franco-Ontariens ont accueilli avec beaucoup d'enthousiasme cette nomination. Mme Lalonde, qui fut précédemment adjointe parlementaire aux Affaires francophones, est très au courant de l'évolution de ce dossier. Elle est également consciente que faire partie d'une telle organisation composée de 80 États et gouvernements issus de cinq continents représente, pour une entité régionale, des opportunités d'affaires intéressantes pour l'économie de la province.

De plus, la présence de l'ex-gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, à la tête de la Francophonie peut s'avérer opportun pour un aboutissement rapide de cette démarche. 

Elle avait axé toute sa campagne électorale sur la francophonie économique, et elle devrait voir d'un bon oeil l'adhésion de l'Ontario, dans la mesure où celle-ci apporterait un coup de pouce financier supplémentaire pour matérialiser ce vaste chantier qu'est la francophonie économique.

Assurément, les astres semblent bien alignés, aussi bien à Queen's Park, à Ottawa, qu'à Paris, pour croire à la possibilité d'une adhésion de l'Ontario qui certainement consolidera davantage l'influence du Canada au sein de la Francophonie.

L'auteur, Isidore Kwandja Ngembo,  a travaillé à la fonction publique fédérale à titre d'analyste et de conseiller.

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